Des enfants inspectent des tombes creusées pour les écoliers tués lors d'une frappe aérienne dans la province de Saada, en août. © Naif Rahma/reuters

Rétro 2018 : Yémen, du carnage aux pourparlers

Le martyre du Yémen va-t-il enfin s’arrêter ? Pris en tenaille entre des rebelles houthis appuyés politiquement par l’Iran et le camp gouvernemental soutenu par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui ont déversé sur le pays un déluge de feu, les Yéménites ont déjà payé un lourd tribut : quelque 10 000 morts et plus de 56 000 blessés depuis mars 2015, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Mais la pression s’est accentuée sur l’Arabie saoudite, accusée d’être un frein à un règlement du conflit et jusque-là épargnée par ses alliés occidentaux. L’intensification des combats autour du port stratégique d’Hodeidah, sur la mer Rouge, avec, pour conséquence, un début de famine par manque d’approvisionnement, ainsi que la pression du Congrès américain pour retirer tout soutien à Riyad après l’assassinat du dissident Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien d’Istanbul ont modifié le rapport de force et laissé entrevoir une sortie de crise.

Sous l’impulsion du médiateur de l’ONU Martin Griffiths, des pourparlers de paix sont sur les rails en Suède, principalement entre factions rebelles houthis et une délégation menée par le président yéménite en exil Abd Rabbu Mansour Hadi. Premier signe tangible de décrispation, des blessés houthis ont pu être évacués vers Oman. Mais la trêve obtenue le 13 décembre n’a même pas tenu 24 heures.

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