Xi Jinping et Donald Trump : aucun des deux ne veut perdre la face. © belgaimage

Rétro 2018 : entre la Chine et les Etats-Unis, c’est match nul

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif/L'Express

La Chine et les Etats-Unis, en guerre commerciale depuis janvier, se sont donné, en décembre, nonante jours pour conclure un accord de paix. Washington n’augmentera donc pas de 10 à 25 % ses droits de douane sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. Et Pékin achètera un paquet de produits américains, dans le but de réduire l’affolant déséquilibre commercial entre les deux pays : 375 milliards de dollars par an.

Donald Trump, protectionniste par nature, avait tiré le premier : à l’avenir, panneaux solaires et machines à laver subiraient des taxes à l’importation à leur arrivée sur le sol américain. Riposte de Pékin : taxes de 10 à 25 % sur le soja ou le coton de l’Oncle Sam importés. Suivirent des taxes nouvelles sur le sorgho, l’acier, l’aluminium… Cette guerre dépasse le cadre commercial : les Etats-Unis entendent conserver leur leadership économique mondial et la Chine ne cache pas ses ambitions. L’un et l’autre surveillent donc les investissements consentis par la partie adverse dans leur économie pour limiter sa prise de pouvoir.

La trêve donne à penser que le président chinois, Xi Jinping, conscient qu’il a plus à perdre qu’à gagner puisque la Chine dépend très largement de ses exportations, a fait machine arrière. Mais les agriculteurs américains, électeurs traditionnels de Donald Trump, souffrent aussi des mesures chinoises. Et les fabricants américains d’automobiles ont besoin des composants électroniques chinois. Personne n’a d’intérêt dans une guerre. Mais personne ne veut, non plus, perdre la face.

Partner Content