En 1974, vote de la loi Veil après un combat d'une violence que la ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas imaginée. © P. Ledru/AKG-Images

Rétro 2017: Simon Veil, l’éclipse d’une icône

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif/L'Express

Sous le chignon noir, le regard ne cille pas, malgré les coups. 26 novembre 1974: ministre de la Santé dans le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil prononce devant l’Assemblée nationale le discours qui fera basculer la France dans le camp des pays dépénalisant l’avortement.

Les députés la conspuent, l’accusant de vouloir « envoyer les cadavres des bébés au four crématoire ». Les injures, menaces et croix gammées se déversent, avec un degré d’abjection difficile à imaginer, quarante ans plus tard. Mais la loi est votée, en 1975. Simone Veil ne se laissait jamais abattre par la médiocrité. L’ancienne ministre, également à l’oeuvre dans le gouvernement Balladur, puis députée et présidente du Parlement européen, s’est éteinte le 30 juin, à 89 ans.

Celle qui était l’une des personnalités politiques préférées des Français n’aura eu de cesse, durant sa vie, de témoigner de la Shoah, elle qui a été déportée, à 16 ans et demi, vers Auschwitz-Birkenau et a perdu ses parents et son frère dans les camps. Attachée à défendre les droits des prisonniers et des femmes, cette avocate de centre-droit a été membre du Conseil constitutionnel et admise à l’Académie française. Sur son épée d’immortelle, elle avait fait graver les cinq chiffres de son matricule de déportation, inscrits à l’encre bleue sur son avant-bras gauche: 78651.

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