Quand Londres s’inquiétait pour Boris Eltsine, miné par l’alcool

Le Vif

Le Royaume-Uni était si inquiet du penchant pour la bouteille et des problèmes cardiaques du président russe Boris Nikolaïevitch Eltsine qu’il avait établi un plan d’urgence au cas où il mourrait dans l’exercice de ses fonctions, selon des archives britanniques déclassifiées.

Hasard du calendrier, ces documents font partie d’un important nombre d’archives rendues publiques exactement 20 ans après l’annonce surprise de la démission de Boris Eltsine (président de la fédération de Russie de 1991 à 1999) au profit de Vladimir Poutine.

Le contenu des documents

Ils comprennent un câble de l’ambassadeur britannique à Moscou Andrew Wood rédigé en octobre 1995 à la suite d’une rencontre près de New York avec Bill Clinton, après la deuxième crise cardiaque de Boris Eltsine. « Il a consommé du vin et de la bière avec avidité et regretté l’absence de cognac », détaille le diplomate dans ce message daté du 26 octobre publié par les archives nationales britanniques. « L’un de ses assistants lui a retiré un verre de champagne quand cet assistant a estimé que c’était assez, et il était joyeusement alcoolisé lors de sa conférence de presse avec Clinton. »

président russe alcoolique
Boris Eltsine, le président russe alcoolique

Un autre câble, du 27 octobre 1995, estime que « si Eltsine devait mourir soudainement, nous nous trouverions dans une période de confusion politique exceptionnelle ».

Un mois plus tard, le 28 novembre, les Affaires étrangères britanniques ont écrit au services du Premier ministre conservateur John Major, à Downing Street, pour dire que le président russe semblait se remettre de ses problèmes cardiaques. La missive précise que le dirigeant a dépassé de six ans l’espérance de vie moyenne des hommes russes à l’époque (58 ans, aujourd’hui elle est d’environ 65 ans) et qu’il a subi deux crises cardiaques en trois mois et demi. « Son intention (…) de boire moins après sa première crise cardiaque n’a pas duré: il y a peu de raisons d’être confiant qu’il fera mieux cette fois« , est-il écrit.

Le contenu intégré souhaite enregistrer et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Vous n’avez pas donné l’autorisation de le faire.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

« C’est pourquoi nous avons réfléchi à un plan d’urgence si le président Eltsine venait à mourir dans l’exercice des ses fonctions ». Y figurent notamment des dispositions pour la délégation britannique qui serait envoyée aux funérailles et un brouillon de communiqué à envoyer aux médias au nom du Premier ministre. Ce texte salue « un dirigeant courageux et visionnaire » ayant alors mis fin à la confrontation de la Russie avec les Occidentaux au profit de la coopération.

Une fin de carrière inattendue

Malgré ses problèmes de santé et le chaos économique suivant la chute de l’URSS, Eltsine a été réélu président l’année suivante et est resté au pouvoir jusqu’à l’annonce surprise de sa démission, le 31 décembre 1999, laissant la tête de l’Etat à son Premier ministre, Vladimir Poutine. Il est décédé le 23 avril 2007 à l’âge de 76 ans.

Partner Content