«Passoire à cocaïne», «agresseurs les plus puissants» et «filet d’eau tiède»: comment les politiques belges réagissent à l’enlèvement de Maduro par Trump

Le Vif

L’enlèvement de Nicolas Maduro par les autorités américaines a sidéré le monde politique à travers le globe. La Belgique n’y a pas échappé.

En kidnappant le président du Venezuela, Nicolas Maduro, Donald Trump plonge un peu plus le monde dans une nouvelle ère: celle de la force primant sur le droit international, dessinant un contexte favorable à l’impérialisme américain, russe et chinois.

Dans ce monde où l’Europe deviendrait peut-être plus une proie qu’un prédateur, les dirigeants politiques du Vieux Continent sont amenés à réagir, se positionner, sans avoir pour autant envie de «choisir un camp». Voici, pêle-mêle, les réactions des gros calibres de la politique belge.

Le MR soutient l’initiative de Trump

Lors de sa tournée des voeux, le président du MR Georges-Louis Bouchez a affirmé qu’un monde «sans Maduro est un monde qui se porte mieux» et a mis au défi les Etats-Unis de prouver la culpabilité du leader vénézuélien dans des affaires de narcotrafic.

Sur les réseaux sociaux, Georges-Louis Bouchez a principalement axé sa communication sur le PTB, déplorant que le parti marxiste belge condamne des bombardements «criminels et illégaux», selon Raoul Hedebouw. «Certains vont invoquer le droit international, a répondu le président libéral. Ils devraient s’interroger sur le nombre de violations du droit qui sont le chef de Maduro. A commencer par la menace pour la sécurité intérieure des autres pays en raison de la porosité entre l’Etat vénézuélien et le trafic de drogue international.»

Le PS choisit le «en même temps»

Le président du Parti socialiste, Paul Magnette, a pour sa part réservé une communication de quelques lignes basée sur la stratégie du «en même temps». Le Carolo estime qu’il n’est pas incompatible de «dénoncer le régime autoritaire de Maduro sans accepter l’ingérence impériale». Paul Magnette rappelle que «la démocratie ne s’exporte pas par les armes» et a montré sa solidarité avec le peuple vénézuélien, sans un mot pour Nicolas Maduro.

Dans les rangs du PS, les réactions se sont faites assez rares. La cheffe du groupe au parlement de Wallonie, Christie Morreale, s’est étonnée d’une «conférence de presse surréaliste des dirigeants américains qui prennent le Venezuela pour un plateau de Monopoly». Son camarade au fédéral, Ridouane Chahid, a qualifié le Venezuela d’Etat «autocratique», «populiste» et d’une «passoire à cocaïne», mais n’a pas trouvé les méthodes américaines acceptables.

Les Engagés font de la diplomatie

Sur X (et exclusivement sur X), le président des Engagés, Yvan Verougstraete, s’est d’abord réjoui pour le peuple vénézuélien qui devait «être débarrassé de Maduro», tout en montrant son inquiétude par rapport à la doctrine «Donroe», nouvellement créée par Donald Trump.

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Son prédécesseur au sein des Engagés, et désormais Ministre des Affaires Etrangères, Maxime Prévot s’est montré exclusivement diplomatique. «Devant la situation au #Venezuela, la sécurité de nos ressortissants est une priorité absolue. Notre ambassade à Bogotá, compétente pour le Venezuela, et nos services à Bruxelles sont pleinement mobilisés.»

Le PTB conforté dans ses accusations

Pour le PTB, cette séquence vient confirmer les accusations d’impérialisme que les marxistes attribuent aux Etats-Unis depuis toujours. «La prétendue couverture sécuritaire est un mensonge, écrit Raoul Hedebouw sur Facebook. La véritable motivation est le pillage impérialiste: voler le pétrole et confisquer les ressources minières d’une nation souveraine. C’est la logique du banditisme érigée en politique d’Etat.»

Tout le parti a réagi, mais particulièrement son secrétaire général, Peter Mertens, qui accuse l’Europe et ses dirigeants d’être «à genoux» devant Trump. «En gardant le silence face aux violations flagrantes du droit international, l’Europe normalise l’impunité. La question se pose : que reste-t-il du droit international si l’on n’ose pas l’invoquer contre les agresseurs les plus puissants du monde ? L’Europe devrait prendre une position claire.»

Ecolo sidéré

Chez Ecolo, toujours empêtré dans une crise intestine et sans président, un communiqué sans grande surprise, rédigé par Sarah Schlitz et Saskia Bricmont. «Si nous refusons toute complaisance envers le régime autoritaire, corrompu et anti-écologique de Nicolás Maduro, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’action illégale lancée par les Etats-Unis.»

Les écologistes ont également demandé à l’Europe de réagir et se disent «sidérés» par le silence du gouvernement belge. «Nous les appelons à condamner fermement cette violation du droit international et à prendre les initiatives diplomatiques nécessaires, en concertation avec l’Union européenne et ses Etats membres, afin de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies.» Une convocation de Maxime Prévot en commission des Affaires étrangères sera demandée en ce sens.

DéFI en demande plus

La présidente de DéFI, Sophie Rohonyi, n’a pas réagi à titre personnel sur les réseaux sociaux. Elle n’en n’a pas moins partagé la remarque de son prédécesseur, François De Smet, à Maxime Prévot. «J’ai connu des filets d’eau tiède plus Engagés que ce communiqué» (NDLR: évoqué ci-dessus).

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