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L’Ukraine promet 100.000 dollars pour la capture d’Igor Girkin: qui est-il et pourquoi une telle prime?

Mailys Chavagne

Considéré comme l’un des principaux suspects dans le crash du vol MH17 en 2014, Igor Girkin, aussi connu sous le surnom de Strelkov, est toujours activement recherché par les autorités néerlandaises. Désormais, l’Ukraine le recherche également. Qui est-il et pourquoi l’Ukraine s’implique-t-elle dans cette chasse aux sorcières ?

Le drame avait marqué les esprits: le 17 juillet 2014, un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, assurant le vol MH17 reliant Amsterdam à Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord, s’écrase dans l’est de l’Ukraine, abattu par un missile. Le projectile a été tiré depuis un territoire contrôlé par les séparatistes prorusses, affirme une enquête du parquet néerlandais. Moscou dément aussitôt les accusations, et pointe du doigt les forces ukrainiennes. Toujours est-il qu’aucun des 298 passagers ne survit à l’accident. Parmi les principaux suspects, un nom revient régulièrement : Igor Girkin, 51 ans, ancien colonel russe du FSB (Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie) et alors commandant des forces rebelles séparatistes dans la région du Donbass.

Pourquoi le soupçonner? Immédiatement après la tragédie, Girkin avait posté ce tweet : « Près de Torez, nous venons d’abattre un avion AN-26. Nous les avions avertis – ne volez pas dans notre espace aérien. » En 2020, Igor Girkin a même reconnu une certaine responsabilité morale, tout en refusant d’admettre sa culpabilité.

Huit ans plus tard, l’ancien militaire n’a toujours pas été arrêté, les proches des victimes attendent toujours la vérité, et les Pays-Bas poursuivent leur chasse à l’homme en vue de le juger. Le verdict est en effet attendu pour le 17 novembre prochain. Désormais, la capture du fugitif semble également être devenue une priorité pour Kiev, qui promet une prime de 100.000 dollars à quiconque rendra possible son arrestation.

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De retour sur le front?

À l’époque, Igor Girkin participait activement à l’annexion de la Crimée, notamment en proclamant la République populaire de Donesk, dont il est ensuite devenu ministre de la Défense. On le décrit comme quelqu’un de violent et brutal, s’adonnant sans pitié à des actes de torture. L’Ukraine l’a accusé d’avoir organisé un peloton d’exécution durant le conflit. Lui-même a effectivement admis à plusieurs reprises avoir ordonné la mort d’Ukrainiens.

L’empressement de Kiev à capturer Girkin pourrait donc en partie s’expliquer par ces crimes de guerre dont il s’est rendu coupable en 2014, alors qu’il était commandant des forces séparatistes. L’Ukraine le considère depuis comme « l’un des terroristes russes les plus célèbres » et veut le juger pour sa « participation à la guerre contre l’État ».

Depuis le début du conflit, après des années de silence, l’ancien chef séparatiste refait parler de lui. Il tient en effet un blog via lequel il communique son point de vue sur la conduite de « l’opération militaire spéciale » en Ukraine. Une chose est sûre: il ne se montre pas particulièrement enjoué à l’égard de la stratégie russe et critique sans tabou le déroulement des combats, qu’il considère comme trop « mous ». En août, il aurait même été arrêté à la frontière russo-ukrainienne: mécontent de l’avancée de la situation, il a avoué vouloir prendre les choses en main à Kherson.

En septembre, suite à l’annonce de la mobilisation partielle russe, il s’est à nouveau porté volontaire pour combattre dans le Donbass. « Depuis le 14 octobre 2022, je suis entré dans l’armée active », a-t-il annoncé sur les réseaux sociaux, alors que sa compagne postait récemment une photo de lui en habit militaire.

Depuis quelques jours, une nouvelle photo de lui circule sur les réseaux: il aurait été aperçu à quelques kilomètres du front. Si l’information n’a pas été confirmée, Girkin représente à nouveau une menace pour l’Ukraine, estime le ministère de la Défense, qui souligne qu' »aucun criminel de guerre ne restera impuni ».

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