Un policier surveille le cordon autour du banc où l'ancien agent des renseignements russes Sergei Skripal et sa fille Yulia ont été retrouvés après leur empoisonnement, à Salisbury, en Grande-Bretagne, le 11 mars 2018. © Reuters

Les grandes étapes de l’affaire Skripal

Le Vif

Les principales étapes de l’affaire Sergueï Skripal depuis l’empoisonnement de cet ex-espion russe et de sa fille Ioulia au Royaume-Uni, acte que Londres et ses alliés imputent à Moscou.

– L’attaque à Salisbury –

Le 4 mars, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients dans un centre commercial de Salisbury (sud de l’Angleterre). Ils sont hospitalisés dans un état grave, ainsi que le premier policier à être entré en contact avec eux.

Skripal, ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe dans les années 1990, a été emprisonné pour avoir vendu des informations aux services de renseignement britannique. Il fait partie d’un échange d’espions entre Moscou, Washington et Londres en 2010, lui permettant de se réfugier en Angleterre.

Le 7 mars, la police révèle que Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant, hautement toxique.

– Londres accuse Moscou, qui s’indigne –

Le 12, la Première ministre britannique Theresa May estime comme « très probable que Moscou soit responsable » de l’attaque. L’agent employé appartient au groupe « Novitchok » (« nouveau venu » ou « petit nouveau » en russe), conçu pendant la fin de la Guerre froide.

Moscou rejette ces accusations, qualifiées de « numéro de cirque » et de « provocation ».

Les Etats-Unis dénoncent une attaque « irresponsable » et apportent leur soutien à Londres, suivis le lendemain par la France et l’Allemagne.

– Sanctions britanniques –

Le 14, Londres juge la Russie « coupable » et, en représailles, expulse 23 diplomates russes (sur 59 présents au Royaume-Uni), gèle les contacts avec Moscou et annonce qu’aucun membre de la famille royale ou du gouvernement n’ira à la Coupe du monde de football en Russie (14 juin-15 juillet).

Le ministère russe des Affaires étrangères promet une riposte rapide.

– Tensions diplomatiques –

Le 15, Londres, Paris, Berlin et Washington mettent en cause Moscou dans une déclaration commune.

L’Otan dénonce une attaque « extrêmement grave » et assure qu’elle « défendra tous ses membres contre toute menace ».

Le lendemain, Londres juge « extrêmement probable » que le président russe ait personnellement « ordonné » l’empoisonnement, une accusation « impardonnable » pour le Kremlin.

– Riposte russe –

Le 17, à la veille de la présidentielle russe, Moscou annonce l’expulsion de 23 diplomates britanniques et l’arrêt des activités du British Council en Russie.

Réélu, Vladimir Poutine qualifie les accusations britanniques de « grand n’importe quoi ». Le Royaume-Uni devra « fournir des preuves » de l’implication de Moscou dans l’affaire ou s’excuser, ajoute le Kremlin.

Lors d’un appel à Vladimir Poutine à l’occasion de sa réélection, le président américain Donald Trump n’évoque pas le sujet.

– Experts internationaux –

Le 20, des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) arrivent au Royaume-Uni pour recueillir des échantillons de la substance utilisée contre M. Skripal et sa fille.

Le même jour, les diplomates russes expulsés par Londres quittent le Royaume-Uni.

Le 21, Moscou convoque les diplomates étrangers et affirme que l’empoisonnement de M. Skripal est soit « une attaque terroriste », soit une mise en scène de Londres, qui ferait preuve de « russophobie ». La Russie « répand des mensonges », réplique l’ambassadeur britannique, qui a boycotté la réunion.

Le 22, le policier victime du poison sort de l’hôpital.

– Expulsions coordonnées –

Le 26, les Etats-Unis, le Canada, 14 pays de l’Union européenne et l’Ukraine annoncent les expulsions coordonnées de plusieurs dizaines de diplomates russes. Les Etats-Unis expulsent 60 « espions » et ferment le consulat russe de Seattle.

Moscou dénonce une « provocation » et promet de riposter.

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