Le président Rohani appelle à un changement radical dans le mode de gouvernement de l’Iran

Le président iranien Hassan Rohani a appelé à un changement majeur dans le mode de gouvernement de son pays, reconnaissant implicitement que la catastrophe de l’avion ukrainien abattu à Téhéran avait provoqué une crise de confiance envers les autorités.

Le Boeing 737 s’est écrasé il y a une semaine à Téhéran, faisant 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens.

M. Rohani a appelé à l' »unité nationale », et même à la « réconciliation nationale », après que le retard pris par les autorités pour reconnaître leur responsabilité dans ce drame a entraîné des manifestations de colère et une vague d’indignation depuis samedi.

Faisant référence à une série d’événements « tragiques » survenus depuis début janvier – de l’élimination d’un important général iranien par Washington à la catastrophe « inacceptable » du vol Ukrainian Airlines -, M. Rohani a déclaré que cela devait aboutir « à une grande décision » au sein du système politique iranien.

« Et cette décision majeure », a-t-il ajouté, « est la réconciliation nationale ».

Les élections législatives prévues le 21 février « doivent (en) être la première étape », a souligné le président, dans une allocution prononcée en conseil des ministres et retransmise, de manière exceptionnelle, en direct par la télévision d’Etat.

Pour ce scrutin, « le peuple veut de la diversité », a-t-il affirmé d’un ton très déterminé, appelant les autorités chargées de la validation des candidats à ne pas disqualifier à tout-va.

« Le peuple est notre maître (…) et nous sommes ses serviteurs. Le serviteur doit s’adresser au maître avec modestie, précision et honnêteté », a également déclaré M. Rohani. « Les gens veulent s’assurer que les autorités les traitent avec sincérité, intégrité et confiance », a-t-il poursuivi.

« J’exhorte les forces armées et (leur) état-major à expliquer aux gens (…) ce qui s’est passé depuis l’accident jusqu’au moment où (la vérité) a été annoncée (…) pour qu’ils comprennent (que l’armée) ne voulait rien cacher », a-t-il ajouté.

« S’il y a eu un délai (dans la transmission de l’information), qu’ils présentent des excuses », a déclaré M. Rohani.

Après deux jours de démentis officiels de la thèse selon laquelle un missile avait été tiré sur le Boeing abattu le 8 janvier après son décollage de Téhéran, les forces armées iraniennes ont reconnu samedi leur responsabilité, en évoquant une « erreur humaine ».

Le gouvernement a indiqué n’avoir été prévenu par les forces armées que vendredi.

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