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Le débat Le Pen – Macron pour un dernier duel télévisé

C’est une tradition depuis 1974: Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats du deuxième tour de l’élection présidentielle française, se retrouveront ce mercredi soir à partir de 21h00 pour le très attendu débat de l’entre-deux-tours.

Tout a été réglé comme du papier à musique pour ce qui s’annonce comme l’un des grands moments de cette fin de campagne présidentielle: la place des candidats – Marine Le Pen à gauche de l’écran, Emmanuel Macron à droite -, le décor – une image floutée de l’Elysée sur des écrans placés en cercle -, le nombre de caméras – 14 -, l’ordre des sujets abordés et même la température du studio dont le public sera absent.

Désignée par tirage au sort, c’est la candidate du Front national qui prendra la parole la première. Elle fera face à Emmanuel Macron, les deux candidats étant placés de chaque côté d’une table de 2,50m.

Une dizaine de thématiques seront abordées durant cette confrontation de 2h20 qui sera animée par les responsables politiques des deux grandes chaînes nationales, Nathalie Saint-Cricq pour France 2 et Christophe Jakubyszyn pour TF1. Les questions précises n’ont toutefois pas été communiquées aux candidats.

Inédit, ce face-à-face s’annonce tendu et musclé, Emmanuel Macron n’ayant pas l’intention de servir de ‘punching-ball’ à son adversaire qui représentera pour la première fois le FN à ce débat de l’entre-deux-tours. En 2002, Jacques Chirac avait en effet refusé d’affronter Jean-Marie Le Pen, jugé trop imprévisible et dont la qualification pour le 2e tour avait soulevé des vagues de protestation à travers toute la France.

Signe des temps, la candidate frontiste, dont le fond de commerce reste bel et bien celui de l’extrême droite, ne devrait pas hésiter, cette année, à attaquer son rival sur le bilan du quinquennat passé, elle qui présente Emmanuel Macron comme « le successeur de Hollande » et le « candidat de la finance ». Lui devrait riposter en brandissant la défense des valeurs républicaines tout en pointant les mensonges et les revirements de Marine Le Pen, sur une possible sortie de l’euro notamment.

Le duel fera-t-il bouger les lignes alors que les indécis et les abstentionnistes potentiels sont particulièrement nombreux? Rien n’est moins sûr. Depuis le premier exercice du genre en 1974, le favori des sondages a toujours été élu et le choc des ‘petites phrases qui font mouche’, s’il est particulièrement télégénique, n’est pas forcément suffisant pour convaincre les électeurs ou les faire changer d’avis. A défaut de faire gagner un candidat, certaines de ces répliques sont néanmoins entrées dans l’histoire, du « vous n’avez pas le monopole du coeur » asséné par Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand au « Moi, président », de François Hollande en 2012. Cette année-là, le débat entre Nicolas Sarkozy et le futur président socialiste avait été suivi par près de 18 millions de téléspectateurs.

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