La pandémie a freiné les mouvements migratoires en 2020

Le Vif

La pandémie de Covid-19 a freiné les mouvements migratoires en 2020, ressort-il de la partie consacrée à la population et aux mouvements du rapport annuel du centre fédéral Myria publiée lundi. Un constat peu surprenant au vu des restrictions de déplacement instaurées cette année-là pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus.

La diminution des mouvements migratoires touche tant les immigrations que les émigrations. La mobilité de personnes venant de pays ne faisant pas partie de l’Union européenne a été davantage freinée que celle de citoyens européens.

Ainsi, les immigrations de ressortissants de pays tiers ont diminué de 22% en 2020 tandis que les émigrations ont baissé de 10%, peut-on lire dans le rapport du centre fédéral Migration. Des différences sont également constatées selon les nationalités, avec une chute de 31% des immigrations de personnes afghanes et de plus de 40% d’Indiens ou de Chinois.

Des écarts dans les nationalités


La baisse des mouvements migratoires de citoyens de l’UE a été plus limitée, avec -16% d’immigrations et -12% d’émigrations par rapport à 2019. Une nouvelle fois, des écarts sont observés entre les nationalités avec un recul de 23% des immigrations de Roumains et de 8% seulement pour les Français.
Les Belges, quant à eux, sont surtout moins partis du pays, avec une diminution de 21% des départs tandis que les arrivées ont baissé de 11%.

Les ressortissants belges ont en effet pu plus facilement rejoindre que quitter leur pays de naissance lors de l’instauration de restrictions de déplacements.


Au total, 121.438 immigrations de personnes étrangères ont été comptabilisées en Belgique en 2020 et 73.108 émigrations, pour un solde migratoire de 48.330, un des plus faibles depuis 2013. Du côté des mouvements migratoires de Belges, on compte 22.731 immigrations en 2020 et 29.305 émigrations, pour un solde migratoire négatif de -6.574.

La nationalité roumaine en tête


La majorité des immigrations étrangères (63%) provenaient d’un pays de l’UE (Royaume-Uni compris) et 6% d’un pays européen ne faisant pas partie de l’Union. Quatorze pour cent concernaient l’Afrique et 12% l’Asie. C’est la nationalité roumaine qui arrive en tête, représentant 15% de l’ensemble des immigrations étrangères. La France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne complètent le top 5. La première nationalité hors UE est le Maroc, en septième position (4% des immigrations étrangères).


Davantage d’hommes (54%) que de femmes (46%) ont immigré en Belgique en 2020, une proportion genrée stable ces dernières années. Cependant, il y a 20 ans, il y avait autant d’hommes que de femmes parmi les immigrants étrangers, relève Myria.

La moindre proportion de femmes s’explique notamment par le fait que les personnes provenant d’États entrés dans l’UE à partir de 2004 qui immigrent en Belgique sont majoritairement des hommes. En outre, les mouvements venant d’Asie occidentale, à la hausse ces dernières années, concernent davantage d’hommes. En revanche, les groupes de nationalité pour lesquels les femmes sont plus nombreuses dans les mouvements migratoires (Thaïlande, Philippines, Brésil, Colombie) représentent une part moins importante dans les mouvements migratoires vers la Belgique.


Par ailleurs, en 2020, 109.600 premiers titres de séjour ont été délivrés, soit une baisse de 19% par rapport à 2019, en raison de la pandémie. La large majorité concerne des personnes nées à l’étranger (84%), le reste étant des personnes de nationalité étrangère nées en Belgique. Les deux motifs légaux principaux pour l’octroi d’un premier titre de séjour sont les activités rémunérées et les raisons familiales.
Au 1er janvier 2021, 1,44 million de personnes de nationalité étrangère résidaient en Belgique, soit 13% de la population. Il s’agit essentiellement de citoyens de l’UE27 (62%). Par ailleurs, 10% de la population détient la nationalité belge mais en avait une autre auparavant.

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