Marine Le Pen © Belgaimages

Que va devenir Marine Le Pen après sa défaite à la présidentielle ?

Le Vif

Marine Le Pen a, une fois encore, échoué aux portes du pouvoir. Elle peut néanmoins se vanter d’un score historique pour son parti d’extrême droite. Vers quels défis va-t-elle désormais se tourner ? Une chose est sûre: son engagement politique « aux côtés de Français » n’est pas terminé.

« Ceux qui imaginent que Marine Le Pen va se retirer chez elle pour élever des chats, se trompent ». Si Marine Le Pen a échoué aux portes du pouvoir, une fois encore, elle ne compte pas pour autant disparaitre de la scène politique française, comme l’a laissé entendre son porte-parole au lendemain de l’élection. La candidate du Rassemblement national s’est heurtée à nouveau au « barrage contre l’extrême droite », mais avec 41,5% des voix, elle a porté sa famille politique au plus haut d’une élection présidentielle depuis la Seconde guerre mondiale. Candidate pour la troisième fois à la présidence, l’ancienne avocate de 53 ans, fille de la figure historique de l’extrême droite française Jean-Marie Le Pen, a obtenu 10 points de plus que lors de l’élection de 2017, et plus du double du score de son père en 2002 face à Jacques Chirac.

Un bon score, vraiment ?

La stratégie de « dédiabolisation », patiemment menée depuis 10 ans, semblait pourtant porter ses fruits. La candidate a lissé et adouci son image et son discours, affichant le visage rassurant d’une « mère de famille » préoccupée par la défense des « plus vulnérables » et du pouvoir d’achat des Français. Mais, sur le fond, son programme est resté toujours aussi radical, mettant au coeur la « priorité nationale ».

Si le score n’est pas suffisant, elle s’en est cependant largement félicitée. « Les idées que nous incarnons arrivent à des sommets », a-t-elle déclaré après l’annonce des résultats. « Le résultat représente en lui-même une éclatante victoire« . Un bon score qui est davantage le résultat d’un vote de réaction que d’adhésion, selon Pierre Vercauteren, politologue à l’UCLouvain : « C’est le cas pour les deux candidats. Marine Le Pen dit : ‘Nous avons un score historiquement élevé’. C’est vrai, mais il a y a beaucoup de votes anti-Macron plutôt que de votes d’adhésion. Les thèses de l’extrême droite ont malgré tout progressé, mais dans un contexte marqué par toute une série de crises, un contexte anxiogène et donc propice à la séduction d’idées comme celles de l’extrême droite. Mais ce n’est pas pour autant une adhésion profonde, comme on pourrait l’imaginer. »

Incarner l’opposition, aux côtés des Français

Si Marine Le Pen avait déclaré qu’elle ne se présenterai pas à l’élection présidentielle en cas de défaite, elle ne compte cependant pas baisser les bras : « Je poursuivrai mon engagement pour la France et les Français (…) Je mènerai cette bataille. (…) Jamais je n’abandonnerai les Français« , a-t-elle lancé après sa défaite. Et la prochaine échéance est claire : cap sur les législatives, pour elle comme pour les figures du RN. Objectif : obtenir le plus de députés possibles et incarner l’opposition. « Moi, ce que je souhaite (…), c’est qu’il y ait un groupe suffisamment important à l’Assemblée pour s’opposer à la politique d’Emmanuel Macron qui va être brutale », a déclaré Sébastien Chenu, porte-parole de la candidate. « C’est nous qui devons incarner cette opposition et qui en sommes les plus capables. »

À ce stade, Marine Le Pen a fait savoir qu’elle mènerait cette bataille au côté du président par intérim du parti, Jordan Bardella. Elle n’a toutefois pas précisé sa volonté, ou non, de repartir en campagne dans sa circonscription du Pas-de-Calais. « Elle l’annoncera elle-même, moi je le souhaite, en tout cas. Le but qu’elle se fixe à l’avenir : rassembler, rassembler, rassembler « , a commenté Chenu.

Députée ou présidente du RN ?

Marine Le Pen va-t-elle, après, reprendre la présidence de son parti ? Rien n’est moins sûr. « Je ne suis pas sûr que ce soit le choix de Marine Le Pen au moment où nous nous parlons de redevenir présidente d’un parti politique qu’elle a mené à un niveau jamais atteint », a souligné Chenu sur BFM-TV. « Elle a rassemblé des millions de Français bien au-delà d’une étiquette politique » et « elle est reconnue comme étant une immense femme politique », ce « qui fait qu’elle ne va pas se renfermer sur un parti politique quand bien même ce serait le Rassemblement national », a-t-il ajouté. Sébastien Chenu a dit « souhait[er] qu’elle puisse reprendre son mandat de députée du Pas-de-Calais à Hénin-Beaumont », car « elle est très attendue dans cette circonscription « .

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