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L’UE réclame une explication de Pékin quant au sort d’un de ses employés en Chine

Le Vif

L’Union européenne a instamment demandé aux autorités chinoises des éclaircissements sur le sort d’un de ses employés locaux à Pékin détenu depuis huit mois, notamment sur les raisons de son arrestation, appelant à « une réponse appropriée ».

« Malgré de multiples demandes de notre part aux autorités chinoises, nous n’avons jusqu’à présent pas été informés ni des allégations ni des charges spécifiques« , a déclaré la porte-parole de l’UE, Nabila Massrali.

L’employé de la délégation de l’UE a été arrêté par la police en septembre 2021, a confirmé l’UE dans une déclaration envoyée par courriel. « Nous continuerons à demander des informations jusqu’à ce que nous obtenions une réponse appropriée », a affirmé Mme Massrali, en ajoutant que l’UE était « inquiète pour son bien-être ».

Le journal français Le Monde a rapporté qu’An Dong, un salarié du département informatique, avait été arrêté pour avoir « suscité des querelles et des troubles », une accusation vague souvent utilisée pour étouffer la dissidence, passible d’un maximum de cinq ans d’emprisonnement.

L’UE a envoyé trois « notes verbales » aux autorités chinoises pour demander un complément d’information sur les infractions présumées et réclamant aussi qu’An Dong puisse consulter un avocat de son choix et non commis d’office, selon le quotidien.

Le ressortissant chinois serait détenu dans la province du Sichuan (sud-ouest), à des milliers de kilomètres de Pékin.

L’arrestation en Chine d’un employé d’une mission diplomatique occidentale est rare. Simon Cheng, un ancien employé local du consulat britannique à Hong Kong, a affirmé avoir été torturé par la police chinoise en 2019 après avoir été détenu pendant 15 jours lors d’un voyage d’affaires sur le continent.

L’ancien diplomate canadien Michael Kovrig a été emprisonné pendant près de trois ans en Chine pour espionnage, comme un autre Canadien, Michael Spavor, apparemment en représailles à l’arrestation par le Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei.

Tous deux ont été libérés en septembre 2021, en même temps que Meng Huawei quittait Vancouver pour rentrer chez elle, mettant fin à un différend diplomatique de trois ans.

Les liens entre la Chine et l’UE se sont détériorés depuis la pandémie.

L’UE a notamment accusé la Chine de coercition économique à la suite d’un embargo commercial non officiel imposé à la Lituanie peu après que le pays balte eut autorisé Taïwan à ouvrir un bureau de représentation.

Plus récemment, l’UE a averti la Chine de ne pas apporter de soutien militaire ou financier à la Russie dans le cadre de son invasion de l’Ukraine.

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