Inquiétude des médias publics quant à leur avenir, suite à la suppression de la redevance audiovisuelle

Le Vif

Les députés français ont voté samedi matin la suppression de la redevance audiovisuelle dans le cadre du soutien au pouvoir d’achat, au grand dam des médias publics qui s’inquiètent pour leur indépendance et leur financement futur.

La suppression de la redevance, promise pendant la campagne de la présidentielle par Emmanuel Macron, a été votée par 170 voix contre 57, lors de l’examen en première lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (PLFR). 

La droite (Les Républicains, LR) et l’extrême droite (Rassemblement national, RN) ont voté pour, tandis que l’alliance des partis de gauche Nupes (socialistes, écologistes, gauche radicale et communistes) se sont à l’unanimité exprimé contre.

Des amendements de la majorité centriste libérale et de LR ont été adoptés pour affecter « une fraction » de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), en guise de compensation.

Lors de cette séance souvent agitée, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a exprimé son attachement à « un audiovisuel public fort », tout en qualifiant « d’obsolète » cette redevance basée sur la possession d’un téléviseur à l’heure des tablettes et autres smartphones. 

La redevance est actuellement fixée à 138 euros par an en métropole.

« Zemmour et Mme Le Pen l’avaient demandé, M. Macron l’aura fait »

Stéphane Peu

Les principales objections sont venues des rangs de la Nupes.

Garantir « l’indépendance de l’audiovisuel public est une condition de la démocratie », a jugé Alexis Corbière (La France insoumise, gauche radicale).

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La ministre de la Culture Rima Abdul Malak a en revanche fait valoir que « ce n’est pas la redevance qui garantit l’indépendance » mais l’Arcom (ex-CSA), l’instance qui nomme les dirigeants de l’audiovisuel public.

La gauche a également accusé le gouvernement de s’inspirer de l’extrême droite pour, à terme, démanteler l’audiovisuel public. « Zemmour et Mme Le Pen l’avaient demandé, M. Macron l’aura fait », a lancé le communiste Stéphane Peu.

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Marine Le Pen a toutefois estimé que « le projet du gouvernement n’a rien à voir avec ce que nous voulons faire », à savoir une « privatisation » en bonne et due forme.

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Outre-Manche, les médias publics ont déjà subi une telle coupe budgétaire fragilisant ces entreprises. Ainsi, la BBC, institution dont l’influence dépasse largement les frontières britanniques, a été soumise à plusieurs plans d’économies ces dernières années. Au printemps, elle a été contrainte de supprimer 1.000 emplois, après que le gouvernement de Boris Johnson a décidé de geler la redevance pour deux ans.

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