Didier Guillaume © AFP

France: Plusieurs élus critiquent la présence de deux ministres à une corrida

Le Vif

La présence à une corrida du ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, et de sa collègue chargée de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, révélée par le journal Sud Ouest, a suscité vendredi les critiques de plusieurs élus, notamment écologistes.

Le quotidien régional a publié un cliché sur lequel apparaissent M. Guillaume et Mme Gourault lors d’une corrida mercredi après-midi, au milieu de 6.000 personnes dans les arènes de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Le matador Daniel Luque, considéré comme l’un des plus grands de sa génération, y a reçu un triomphe après avoir dominé six taureaux.

« Lamentable », a considéré vendredi l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, qui a déploré dans un message publié sur Twitter que « le ministre en charge du bien être animal assiste à une corrida ».

De même, le porte-parole du parti écologiste Julien Bayou a dénoncé sur BFMTV « un soutien clair et net (de la part des deux ministres) à un massacre, à un spectacle lugubre ».

Un député de La France insoumise, Bastien Lachaud y a encore vu le « symbole du mépris de ce gouvernement pour les animaux, pour le vivant et la nature ».

La Fondation Brigitte Bardot a pour sa part estimé que la présence des deux ministres étaient « au-delà du scandaleux et de l’écoeurement ».

Une députée de La République en marche, Françoise Dumas – élue dans le Gard, terre tauromachique – a toutefois défendu les deux ministres: « La corrida fait partie des traditions séculaires dans tout le sud et appartient à notre patrimoine national. Je respecte toutes les opinions mais ne supporte pas que l’on veuille restreindre ma liberté de penser ou d’agir », a-t-elle fait valoir sur Twitter.

Régulièrement mise en cause par les défenseurs de la cause animale, l’organisation de corridas, dans les seules « régions de tradition tauromachique », a été jugée conforme à la Constitution en 2012 par le Conseil constitutionnel.

Dans le passé, plusieurs personnalités politiques françaises ont déjà exprimé leur attachement à la pratique: outre Manuel Valls ou Alain Juppé, qui en sont amateurs, l’ancien député écologiste Noël Mamère avait reconnu, dans l’un de ses ouvrages publié en 2002 qu’il aimait « la chasse et la corrida ».

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