Jelena Karleusa, la blonde, Ceca Raznatovic, la brune. © S. CAGDAS/ANADOLU AGENCY/AFP - O. TEOFILOVSKI/REUTERS

En Serbie, la « guerre des bimbos » que tout oppose

Le Vif

Toutes deux chanteuses, Ceca Raznatovic, veuve du chef de guerre Arkan, et Jelena Karleusa, militante de la communauté LGBT, représentent deux visions opposées de la société serbe.

Et vous, êtes-vous Ceca ? Ou plutôt Jelena ? Dans les Balkans, chacun a pris parti dans le conflit fracassant qui oppose ces deux bimbos. Ultrapopulaires dans la région, Ceca Raznatovic et Jelena Karleusa, chanteuses de variété serbes, prennent volontiers la pose dans des tenues osées. Mais la ressemblance entre ces divas quadragénaires, siliconées et sulfureuses, s’arrête là. Fâchées à mort, les soeurs ennemies s’invectivent par journaux, réseaux sociaux, groupes de fans et tribunaux interposés… Et la bagarre est politique !

Car Ceca Raznatovic, la brune explosive, n’est pas la première starlette venue… C’est la veuve intouchable d’un ex-chef de milice serbe, Arkan, actif durant la guerre en Yougoslavie, dans les années 1990, recherché pour crimes de guerre avant d’être abattu dans un hôtel de Belgrade, le 15 janvier 2000. Face à elle, Jelena, la blonde incendiaire, est une icône de la communauté LGBT, devenue l’égérie des activistes des droits de l’homme de la région. Ambiance.

Ceca se montre régulièrement à l’église orthodoxe et encourage les femmes serbes à avoir davantage d’enfants. Jelena, quant à elle, préfère défendre le droit à la différence :  » J’ai expliqué à mes enfants que je suis gauchère. Ecrire de la main gauche n’est pas un problème, c’est juste une singularité « , expliquait la marraine de la Gay Pride de Belgrade à la marche des fiertés de septembre dernier. Jelena prône aussi le vivre- ensemble, au point d’intégrer un appel à la prière du muezzin dans un de ses morceaux, lors d’un concert à Belgrade.

Un son d’un autre temps

Depuis une quinzaine d’années, la seconde semble éclipser la première. Dans l’un de ses tubes, qui remonte à 2003 mais qui enflamme toujours les boîtes de nuit de la région, Jelena répète en boucle ces quelques mots :  » Un millier de personnes contemplent mes seins ce soir. Et je danse. Rien que pour tes yeux…  » Le message peut paraître dérisoire, mais il a mieux vieilli qu’un des principaux succès de Ceca, enregistré pendant la guerre dans les Balkans et adressé à son cher criminel de guerre :  » Tu peux me violer. Tu peux me tuer. Peu importe…  »

Nul doute que la brune au caractère bien trempé n’a pas dit son dernier mot, mais elle aura fort à faire pour rattraper son éternelle rivale. Depuis peu, Jelena Karleusa s’en prend à Kim Kardashian, qu’elle accuse de lui piquer ses looks, photos à l’appui. Une nouvelle guerre mondiale est née dans les Balkans…

Par Merisha Nezic.

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