Après une journée éprouvante à inspecter le sol vêtue de son équipement de protection, Lioubov plie son détecteur et range son matériel de déminage. © Gaëlle Girbes

En première ligne: regards sur les femmes démineuses (en images)

Le Vif

Après sept ans de conflit, l’Ukraine est le cinquième pays le plus miné au monde. A l’est, dans le Donbass, la terre nourricière s’est transformée en menace mortelle. Face à cette situation, des femmes ont choisi de devenir démineuses.

Reportage réalisé avec le soutien à la photographie documentaire du Centre national des arts plastiques, France. Texte: Inès Rubat. Photos: Gaëlle Girbes.

Svetlana, Lioubov, Natalia, Tatiana, jeunes Ukrainiennes originaires du Donbass, auparavant juriste, institutrice, psychologue, ont choisi de rester « chez elles », de ne pas fuir la guerre et ses conséquences, mais de faire face. Recherche et marquage des zones polluées, déminage, sensibilisation, assistance aux victimes, toutes travaillent pour l’ONG internationale Danish Demining Group (DDG). Une reconversion professionnelle inimaginable, pourtant devenue leur quotidien.

« Deux enfants qui vivaient à cinq cents mètres de chez moi sont morts en sautant sur une mine, alors qu’ils jouaient. Je pense à eux chaque jour », témoigne Tatiana, en charge de la recherche et de la localisation des zones minées. Chacune des volontaires a un parcours et une existence d' »avant-guerre » différents, mais toutes partagent une même cause: la volonté de préserver la vie et l’avenir des enfants. Elles sont sûres de leur choix, conscientes des risques et disent ne pas avoir peur: « Je sais quoi faire. Après, ce qui doit arriver… J’avance pas à pas et respecte scrupuleusement chaque consigne« , précise Lioubov, chef d’équipe adjointe d’un groupe de démineurs.

La réaction des familles des jeunes femmes oscille entre crainte et fierté. « A mon plus jeune fils, j’ai expliqué ce que je faisais. Petit à petit. Je ne lui dis pas tout. Il est très fier de sa maman. Le plus grand est inquiet, il me demande de l’appeler régulièrement », avoue Svetlana, elle aussi démineuse et à la tête d’une autre équipe. Au-delà du danger, de la fatigue, de l’horreur des témoignages recueillis, au-delà du conflit qui ravage la terre qui les a vues naître, elles demeurent joyeuses et fortes. Des « mères courage » qui embrassent, pour le bien des leurs, une carrière hors du commun.

Cheffe d'équipe adjointe d'un groupe de démineurs masculins, Lioubov, 34 ans, vit à la base du DDG. Cette profession, majoritairement masculine, est à 20% féminine en Ukraine.
Cheffe d’équipe adjointe d’un groupe de démineurs masculins, Lioubov, 34 ans, vit à la base du DDG. Cette profession, majoritairement masculine, est à 20% féminine en Ukraine.© Gaëlle Girbes
Entourée de piquets délimitant la zone à risque, Lioubov inspecte chaque centimètre carré du sol, progressant lentement par bande de dix centimètres. On estime qu'il faudra entre vingt et trente ans pour
Entourée de piquets délimitant la zone à risque, Lioubov inspecte chaque centimètre carré du sol, progressant lentement par bande de dix centimètres. On estime qu’il faudra entre vingt et trente ans pour « nettoyer » le Donbass…© Gaëlle Girbes
Cheffe d'équipe adjointe d'un groupe de démineurs masculins, Lioubov, 34 ans, vit à la base du DDG. Cette profession, majoritairement masculine, est à 20% féminine en Ukraine.
Cheffe d’équipe adjointe d’un groupe de démineurs masculins, Lioubov, 34 ans, vit à la base du DDG. Cette profession, majoritairement masculine, est à 20% féminine en Ukraine.© Gaëlle Girbes
Natalia, 46 ans, en charge de la prévention, intervient dans les écoles situées près du front. Une tâche indispensable: plus de 446 000 enfants vivent à proximité de la ligne de contact. Depuis 2014, on déplore plus de 2 727 victimes de mines et de restes d'explosifs de guerre. Chaque mois, des drames ont encore lieu.
Natalia, 46 ans, en charge de la prévention, intervient dans les écoles situées près du front. Une tâche indispensable: plus de 446 000 enfants vivent à proximité de la ligne de contact. Depuis 2014, on déplore plus de 2 727 victimes de mines et de restes d’explosifs de guerre. Chaque mois, des drames ont encore lieu.© Gaëlle Girbes
Tatiana et Roman sont
Tatiana et Roman sont « chasseurs de mines ». Ils repèrent sur la carte le champ d’Anatoli, fermier local, où un accident a eu lieu. Ils iront ensuite inspecter et cartographier la zone, puis demanderont au ministère de la Défense ukrainien l’autorisation de la déminer.© Gaëlle Girbes
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d'une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise:
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d’une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise: « Rien n’est impossible », symbole fort comme l’est ce dessin, dont elle est l’auteure, la représentant serrant ses enfants contre elle. Une allégorie de la protection qu’elle leur apporte en déminant le sol sur lequel ils grandissent.© Gaëlle Girbes
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d'une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise:
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d’une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise: « Rien n’est impossible », symbole fort comme l’est ce dessin, dont elle est l’auteure, la représentant serrant ses enfants contre elle. Une allégorie de la protection qu’elle leur apporte en déminant le sol sur lequel ils grandissent.© Gaëlle Girbes
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d'une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise:
Svetlana, auparavant professeure, est à la tête d’une équipe de démineurs. Pour cette mère de deux garçons, postuler à la formation au déminage était une évidence. Ce jour-là, elle se fit tatouer sur le poignet les deux premières lettres de sa devise: « Rien n’est impossible », symbole fort comme l’est ce dessin, dont elle est l’auteure, la représentant serrant ses enfants contre elle. Une allégorie de la protection qu’elle leur apporte en déminant le sol sur lequel ils grandissent.© Gaëlle Girbes

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