Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping ont discuté jeudi par téléphone pendant plus de deux heures. © AFP

Discussion entre Joe Biden et Xi Jinping: une défiance de plus en plus difficile à cacher

Le Vif

Les présidents américains et chinois se sont parlés ce jeudi. Au programme: les tensions croissantes entre leurs deux pays et de leurs différends commerciaux.

Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping ont discuté ce jeudi par téléphone pendant plus de deux heures des tensions croissantes entre leurs deux pays au sujet notamment de Taïwan et de leurs différends commerciaux. C’est le cinquième sommet virtuel entre les deux responsables depuis que M. Biden est devenu président il y a un an et demi, mais la défiance mutuelle entre la Chine et les Etats-Unis devient de plus en plus difficile à cacher. Selon un média d’Etat chinois, le président Xi Jinping a averti son homologue américain de ne « pas jouer avec le feu » à propos de Taïwan. »Ceux qui jouent avec le feu finissent pas se brûler », a dit Xi à Biden, cité par l’agence Chine nouvelle. « J’espère que la partie américaine comprend parfaitement cela », a-t-il ajouté. Selon l’agence d’Etat, « les deux présidents ont estimé que leur entretien téléphonique avait été sincère et approfondi ».

Pékin et Washington sont déjà en conflit au sujet du commerce. Les deux puissances mondiales s’opposent maintenant à cause de Taïwan. Dernier motif de frictions en date: un possible voyage de la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, à Taïwan. La Chine estime que l’île est l’une de ses provinces historiques qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste du pays. Opposée à toute initiative qui donnerait aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, elle est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres Etats. Bien que des responsables américains se rendent fréquemment à Taïwan, Pékin considère qu’un voyage de Mme Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’Etat américain, serait une provocation majeure. Washington devra « assumer toutes les conséquences » de cette visite potentielle, que Mme Pelosi n’a pas encore confirmée, a averti Pékin mercredi. Selon la Maison Blanche, Biden aurait été clair lors de la réunion affirmant que la position américaine sur Taïwan n’avait « pas changé ». M. Biden a ajouté que « les Etats-Unis s’oppos(aient) fermement aux efforts unilatéraux pour modifier le statut ou menacer la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan », a indiqué l’exécutif américain.

Le général Mark Milley, le chef d’état-major américain, a déclaré à la presse que si Nancy Pelosi demandait « un soutien militaire », alors il ferait « le nécessaire pour assurer une conduite en toute sécurité » de ses affaires.

« Garde-fous »

Selon la Maison Blanche, le principal objectif de M. Biden était d’établir des « garde-fous » pour les deux superpuissances, afin d’éviter un conflit ouvert en dépit de leurs différends et de leur rivalité géopolitique.

M. Biden voulait « s’assurer » que soient ouvertes « les lignes de communication avec le président Xi sur toutes les questions, qu’il s’agisse de questions sur lesquelles nous sommes d’accord ou de questions sur lesquelles nous avons des difficultés importantes, qu’ils puissent toujours prendre le téléphone et se parler l’un à l’autre franchement », a dit M. Kirby. Interrogé sur une éventuelle levée par M. Biden de certains des droits de douane de 25% imposés sur des milliards de dollars de produits chinois par l’ex-président Donald Trump, le porte-parole avait indiqué qu’une décision n’avait toujours pas été prise.

« Nous pensons (…) que les tarifs douaniers mis en place par son prédécesseur étaient mal conçus. Nous pensons qu’ils ont augmenté les coûts pour les familles et les petites entreprises américaines, ainsi que pour les éleveurs », avait-il affirmé, évoquant également les « pratiques commerciales préjudiciables de la Chine ». Mais « je n’ai aucune décision à annoncer concernant les tarifs douaniers de la part du président. Il y travaille », avait conclu John Kirby.

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