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Des milliers d’opposants à la monarchie manifestent en Espagne

Le Vif

« L’Espagne, demain, sera républicaine ! », hurlaient lundi soir des milliers de manifestants, certains juchés sur la bulle de losanges en verre de la bouche de métro de la Puerta del Sol à Madrid, réclamant la fin de la monarchie espagnole après l’abdication du roi Juan Carlos.

« Plus de rois, un référendum », « les Bourbons aux élections » ou encore « Transition royale… Sans roi », pouvait-on lire sur les pancartes agitées par les manifestants, aux côtés des drapeaux rouge, or et violet de la Seconde république espagnole, proclamée en 1931.

Ils répondaient à l’appel de plusieurs partis politiques et organisations de gauche ou écologistes, qui espéraient qu’il y aurait des rassemblements similaires dans une quarantaine d’autres villes d’Espagne. « Je pense que ce serait un bon moment pour proclamer une République », a affirmé Paola Torija, une thérapeute pour handicapés âgée de 24 ans, tandis que la place de la Puerta del Sol peinait à contenir la foule.

Craignant des débordements, la police de Madrid avait fermé les accès au Palais royal, à environ 300 mètres de la Puerta del Sol. Le roi Juan Carlos « a eu son heure de gloire, mais aujourd’hui, (la monarchie) c’est un peu archaïque, un peu inutile, un coût élevé surtout dans la situation de crise que nous vivons », a-t-elle estimé. Pour Daniel Martin, étudiant de 25 ans en master de sociologie de l’université Complutense de Madrid, le prince Felipe, qui doit accéder au trône, « n’a aucune légitimité. Le roi tient sa légitimité au moins grâce à la transition » démocratique qu’il a menée après la dictature franquiste (1939-1975). Là, il a été utile, mais après non », a-t-il tranché.

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