Sur le site de Sobibor, en Pologne. © Reuters

Des chambres à gaz découvertes par des archéologues en Pologne

Des archéologues polonais et israéliens ont mis au jour les chambres à gaz du camp d’extermination de Sobibor dans l’est de la Pologne. Elles avaient été cachées par les nazis durant la guerre. Environ 250.000 personnes ont été tuées dans ce camp.

Suite à un soulèvement contre le personnel du camp le 14 octobre 1943, Heinrich Himmler ordonna sa destruction. Les forces nazies ont alors tenté de faire disparaitre toute trace du camp. Une route asphaltée a même été placée au-dessus du site pour le dissimuler, rapporte le site internet RT.

Il aura fallu sept années de recherche pour retrouver l’emplacement exact des chambres à gaz. « Enfin, nous avons atteint notre objectif – la découverte des chambres à gaz. Nous avons été surpris par la taille du bâtiment et le bon état de conservation des parois de la chambre », a commenté à Reuters l’archéologue Yoram Haimi dont les deux oncles ont été tués dans ce camp. « Le moment le plus émouvant fut lorsque nous avons trouvé à côté de la chambre à gaz une alliance avec la célèbre bénédiction juive de mariage ‘Tu m’es à présent sanctifiée' », a-t-il ajouté.

Cette découverte va permettre d’estimer plus précisément le nombre de personnes qui ont trouvé la mort dans ce camp, selon les archéologues. Le repérage des murs du camp avait déjà permis de calculer sa taille.

« Il est important de comprendre qu’il ne subsiste aucune trace des Juifs qui ont travaillé sur le site des chambres à gaz. C’est la raison pour laquelle cette découverte est un témoignage important. En fait, une petite fenêtre s’est ouverte sur la souffrance quotidienne des personnes qui ont été assassinées « , a expliqué au site Mako, l’historien David Silberklang qui dirige l’Institut international pour la recherche de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem. « C’est la première fois que nous serons en mesure de mieux connaître le processus d’extermination dans le camp et ce que les Juifs ont subi jusqu’à ce qu’ils soient tués », a-t-il précisé.

Contrairement à d’autres camps qui ont tenté de se faire passer pour des prisons ou des camps de travail, Sobibor et ses voisins (Belzec et Treblinka) étaient spécifiquement des camps de la mort. Les détenus y étaient gazés très peu de temps après leur arrivée.

Pour les archéologues, travailler sur ce site procure des émotions particulières. En 2012, alors que les fouilles étaient déjà en cours, Haimi Haaretz avait déclaré : « Je me sens comme un enquêteur dans un laboratoire de médecine légale criminelle ». « Après tout, il s’agit d’une scène de crime ».

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