Alexander De Croo et le premier ministre slovaque Eduard Heger. © iStock

De Croo depuis la Slovaquie: « Il ne faut pas pousser l’Europe dans une récession qui serait terrible »

L’Union européenne doit décider d’un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. Selon le Premier ministre belge, les sanctions doivent répondre à trois critères: être assumées par tous les 27, être durables et proportionnelles.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a entamé ce lundi une mission de trois jours en Europe orientale qui le mènera successivement en Slovaquie, en Pologne, en Roumanie et en Moldavie. Le voyage se déroule dans un cadre particulier, celui de la guerre en Ukraine. Le chef du gouvernement a dit porter un message de solidarité avec les pays frontaliers, aux premières loges d’un conflit qui ébranle le continent européen.

Dépendance énergétique

Depuis le 24 février, les États européens redoublent d’efforts pour apporter une réponse coordonnée à l’agression russe. Lundi, les ministres des Affaires étrangères des 27 se sont retrouvés à Bruxelles pour envisager un sixième paquet de sanctions. Au coeur des débats se trouve notamment la question énergétique. L’UE s’est donné pour ambition de réduire drastiquement sa dépendance à l’égard de la Russie. Or, pour certains des pays visités, la question est d’une importance vitale. Le Premier ministre slovaque, Eduard Heger, l’a rappelé dans la matinée à son homologue belge. Son pays se trouve actuellement au début de la chaîne d’approvisionnement de l’Europe par le gaz russe. À terme, il devrait se trouver à l’extrémité.

M. Heger a donc insisté sur la coopération et la solidarité européennes. « Si nous voulons nous déconnecter du gaz russe, nous devons travailler ensemble », a-t-il martelé au cours d’une conférence de presse. Même si la Belgique est peu dépendante du gaz russe, le message est passé chez M. De Croo. « C’est un conflit qui pourrait durer des mois, voire des années », a fait remarquer le Premier ministre. À ses yeux, les sanctions doivent répondre à trois critères: être assumées par tous les 27, être durables et proportionnelles. « Les sanctions doivent toucher la Russie et le moins possible l’économie européenne. Il ne faut pas pousser l’Europe dans une récession qui serait terrible. Quand des pays comme la Slovaquie nous disent qu’ils ont besoin de temps pour s’adapter, on doit les entendre ».

Intégrer l’Ukraine dans l’Union?

Le Premier ministre slovaque a également lancé un appel à intégrer rapidement l’Ukraine dans l’Union européenne. Il a rappelé le cas de son pays qui, après un échec en 1999, a remis le couvert en 2001 et est devenu membre de l’UE en 2004. « Les Ukrainiens font preuve du plus grand courage. Ils savent qu’ils sont une partie de l’Europe et veulent être une partie de l’Europe », a-t-il expliqué, estimant que l’Ukraine pouvait suivre l’exemple de son pays. « Je crois dans les Ukrainiens, je leur fais confiance, je sais qu’ils sont capables de le faire et qu’ils méritent de le faire ».

La Belgique, comme d’autres pays de l’Europe de l’Ouest, se montre plus prudente sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Elle ne veut pas de « raccourcis », jugeant notamment que certains des problèmes de fonctionnement de l’Union trouvaient leur origine dans un processus d’intégration qui a parfois été trop rapide. M. De Croo avait répété cette réserve le 31 mars, quand le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait pris la parole devant le parlement belge. Mais faire attendre l’Ukraine jusqu’au processus formel d’adhésion à l’UE serait une « terrible erreur », avait-il expliqué, avant de plaider pour une intégration économique accélérée de l’UE et de l’Ukraine.

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