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Corée du Sud: le nombre de transfuges du Nord à son plus bas niveau depuis 2001

Le nombre de Nord-Coréens fuyant au Sud est tombé l’an passé à son plus bas niveau en deux décennies, a annoncé Séoul, une tendance qui s’explique notamment par un renforcement de la surveillance des frontières par les autorités nord-coréennes.

Au total, 1.047 Nord-Coréens sont arrivés au Sud en 2019, contre 1.137 l’année précédente, selon des données rendues publiques par le ministère sud-coréen de l’Unification. C’est le chiffre le plus bas depuis 2001.

Il s’agit du nombre de personnes arrivant au Sud, et pas du total de Nord-Coréens fuyant le Nord.

L’immense majorité des personnes fuyant la Corée du Nord, un pays en proie à des pénuries alimentaires et sous le coup de multiples résolutions de sanctions du Conseil de sécurité, le font en franchissant la frontière avec la Chine.

Il arrive qu’ils y restent pendant des années, avant de poursuivre leur route jusqu’en Corée du Sud, souvent via un pays tiers.

Au total, plus de 33.500 Nord-Coréens sont passés au Sud depuis la partition de la péninsule en 1948, selon un décompte arrêté à la fin de l’année 2019,

C’est en 2009 que le nombre de transfuges (2.914) a été le plus élevé. Mais cet exode a diminué après l’arrivée de Kim Jong Un en 2011 à la tête de la Corée du Nord.

« Davantage de clôtures barbelées ont été érigées et il est plus difficile pour les candidats au départ de soudoyer les gardes car les autorités offrent des récompenses plus importantes » pour la capture de fuyards, explique le dissident nord-coréen Ahn Chan-il, chercheur à Séoul.

Plus de 80% des Nord-Coréens arrivés l’an passé étaient des femmes. Il est en effet plus simple pour les Nord-Coréennes de partir que pour les hommes qui ont souvent un travail, et dont l’absence se repère donc plus facilement.

Certains Nord-Coréens passant au Sud ont parfois de grandes difficultés à refaire leur vie. L’an dernier, une Nord-coréenne de 42 ans et son fils de six ans avaient été retrouvés morts à leur domicile, deux mois après leur décès. Leur frigidaire était vide et plusieurs factures impayées avaient été découvertes.

Lundi l’agence sud-coréenne Yonhap a annoncé qu’un homme de 62 ans arrivé du Nord en 2008 avait été retrouvé mort dans une montagne de Daegu avec à ses côtés un mot indiquant: « C’est trop dur de vivre. »

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