USA: un fabricant d’armes incité à évaluer son impact sur les droits humains

Le Vif

Les actionnaires du fabricant américain d’armes Sturm Ruger ont voté en faveur d’une résolution demandant à l’entreprise de préparer un rapport sur l’impact de son activité sur les droits humains, une initiative qui intervient quelques jours après deux tueries de masse aux Etats-Unis.

« Lors de l’assemblée générale annuelle, la direction a annoncé que ses actionnaires avaient approuvé une proposition présentée par CommonSpirit Health et d’autres membres du Centre interconfessionnel pour la responsabilité des entreprises », indique un communiqué de la coalition d’organisations religieuses. Ils « ont réussi à faire valoir auprès des autres actionnaires que les fabricants d’armes ne peuvent pas renoncer à leurs rôles et responsabilités« , ajoute le document. L’entreprise n’avait pas dans l’immédiat confirmé à l’AFP le résultat du vote. Elle avait appelé à voter contre la proposition, qui n’est pas contraignante.

Le vote intervient quelques jours après le massacre perpétré par un tireur dans une école primaire d’Uvalde, au Texas, qui a tué 19 enfants et deux enseignantes, et une tuerie raciste qui a fait dix morts au sein de la communauté noire à Buffalo, dans le nord de l’Etat de New York. Les armes impliquées n’étaient pas produites par Sturm Ruger mais l’entreprise est l’un des rares fabricants d’armes cotés en Bourse aux Etats-Unis, avec Smith & Wesson, et doit à ce titre rendre publiquement des comptes.

La résolution appelle dans le détail le conseil d’administration de Sturm Ruger à demander à une tierce partie d’écrire un rapport d’évaluation et de recommandation sur l’impact de ses décisions, de ses pratiques et de ses produits sur les droits humains. « En vendant ses armes aux civils, Ruger suppose qu’elles seront utilisées en toute sécurité« , remarque le texte. Mais le risque qu’elles soient utilisées à mauvais escient, au préjudice de la société, « n’est pas pris en compte dans les structures de gouvernance de Ruger ou dans les politiques ou pratiques qui atténueraient cette menace », est-il ajouté. L’entreprise assure pour sa part avoir déjà pris des initiatives pour sécuriser les armes à feu et que la résolution n’est qu’une façon pour ses défenseurs de faire avancer les mesures sur le contrôle des armes « qu’ils n’ont pas pu atteindre par la loi ou d’autres moyens ».

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