Après un lac gelé de Minneapolis, l’extrême lenteur du Slow Show redonnera vie au Vélodrome abandonné de Gilly. © Manuela Dalla

Slow show, ou comment la lenteur extrême peut harmoniser un groupe

Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Après Los Angeles, Arles ou Ouagadougou et avant San Francisco, le chorégraphe Dimitri Chamblas arrive au pays de Charleroi avec son Slow Show. Pour y ralentir en chœur.

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«Souvent, les spectacles de danse jouent sur le rythme, la rapidité, la prouesse. Là, c’est un peu l’inverse, ça se passe sur un temps étiré presque à l’infini. Un seul temps partagé par tout le monde et qui fait que le groupe existe, comme si on se mettait tous à la même note, précise Dimitri Chamblas à propos de Slow Show. C’est un temps très lent, presque invisible. Si on regarde trop vite, si on est trop impatient, on ne voit même pas que ça bouge. Il faut se calmer, se mettre dans un rythme proche de celui des performeurs pour avoir accès au spectacle.»

Ce projet hors norme, qui réunit une cinquantaine de participants, essentiellement des non-professionnels, le chorégraphe français formé à école de l’Opéra de Paris, complice de longue date de Boris Charmatz (leur fameux duo A bras-le-corps), l’a initié à Los Angeles, la ville où il est aujourd’hui installé et où il est directeur de la danse au California Institute of the Arts. «J’avais commencé à expérimenter la lenteur extrême avec des étudiants et des professeurs de l’université quand on m’a invité à participer à la biennale d’art Frieze Los Angeles, se souvient-il. J’ai donc proposé à ce groupe de partager cette recherche et le public a été très réceptif. Ça m’a encouragé à poursuivre.»

Si on regarde trop vite, si on est trop impatient, on ne voit même pas que ça bouge.

D’autres histoires

Slow Show est une création collective d’une vingtaine de minutes, reposant sur un appel à candidats qui vont travailler pendant quatre jours avec le chorégraphe pour trouver leur propre langage et se mettre au diapason de cette lenteur extrême. Si extrême qu’elle en devient physiquement éprouvante et qu’elle fait perdre aux mouvements quotidiens leur identité: «Si je lève la main pour me gratter le bout du nez, on comprend ce geste dans le temps normal que je vais mettre pour le faire, précise Dimitri Chamblas. Mais si je le fais en vingt minutes, ça ouvre la possibilité à beaucoup d’autres histoires.»

Après, entre autres, l’ocre de la Termitière à Ouagadougou et la blancheur d’un lac gelé à Minneapolis, ce nouveau Slow Show prendra place à Charleroi dans un site particulier, le vélodrome de Gilly, à ciel ouvert, inauguré en 2000 mais rapidement sous-exploité puis abandonné. Un lieu où le temps semble s’être arrêté, donc idéal pour ce projet, et qui reprendra vie une journée durant.

Slow Show, au Vélodrome de Charleroi, le 25 juin.

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