Architecte visionnaire, Charles Vandenhove se rêvait artiste. © Raoul Lhermitte

Les expos à voir cette semaine: l’agenda

Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste
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Le songe de Torrentius

Lors de l’émouvante visite de son atelier, Léon Wuidar nous avait confié que pour lui, le plus grand des luxes consistait en la conjonction de l’espace, de la lumière et du silence. Et l’artiste de signaler que cet improbable alignement méditatif lui avait été offert sur un plateau d’argent par un homme talentueux, l’architecte Charles Vandenhove (1927 – 2019), à la faveur d’une maison brutiste en cinq travées érigée dès 1961 et agrandie en 1974.

Au fil du temps, Vandenhove et Wuidar ont multiplié les collaborations. Notons qu’à quelques kilomètres du domicile du peintre se trouve le chef-d’œuvre de l’architecte liégeois, le CHU du Sart Tilman, un bâtiment articulant six blocs de béton reliés à une pyramide centrale. Le tout ponctué d’œuvres in situ signées par d’autres pointures, et non des moindres: Daniel Buren, Niele Toroni, Sol LeWitt… Celui qui a rénové l’opéra royal de la Monnaie en 1985 avait d’ailleurs fait de la proximité avec la création plastique une signature.

A l’heure où la Fondation Boghossian rend hommage à Michel Polak, maître d’œuvre de la Villa Empain, l’hôtel Torrentius – un hôtel particulier, classé au Patrimoine exceptionnel de Wallonie, qui ouvre pour la première fois ses portes au public – consacre une exposition à Vandenhove, qui rêvait d’embrasser une carrière artistique. Au programme de l’événement placé sous le commissariat de l’artiste contemporain Patrick Corillon, tout ce dont l’amateur peut rêver afin de pénétrer l’imaginaire du bâtisseur: carnets de notes, maquettes, prototypes d’objets, plans, publications… Sans oublier, c’est à ne pas manquer, une carte offerte invitant à se promener dans la Cité ardente au fil des projets réalisés ou non par ce visionnaire.

A l’hôtel Torrentius, à Liège, jusqu’au 27 août.

Peau

Artiste et enseignant à l’Académie royale des beaux-arts de Liège, Jérôme Mayer a su préserver une pratique personnelle. Amorcée dans les années 1990, son œuvre est marquée par «l’enregistrement de la trace» et le fait de «jouer le passé comme un présent différé». Il n’ en faut pas plus pour susciter l’intérêt. Débarquant aux Drapiers, l’intéressé avance masqué, non sans un certain sens de la stratégie plastique. On aurait tort de se fier à l’intitulé charnel d’une proposition, Peau, qui en réalité doit être rapprochée de la notion de «pellicule» déposée à la surface des choses. Soit un dispositif faisant feu de tout bois en rassemblant des «éléments tangibles tels que livres, objets, écrits, dessins, impressions, flux sonores et films» mais aussi impressions fugaces pour déployer une poésie introspective dont le monde a plus que jamais besoin.

Pas de corps ici, mais une «pellicule» déposée à la surface des choses. © Jérôme Mayer

A la galerie Les Drapiers, à Liège, jusqu’au 18 juin.

VOIR & REVOIR

Christopher Wool, jusqu’ au 30 juillet
Cette exposition au propos muséal assuré par la curatrice Anne Pontégnie consacre le travail d’un artiste américain parmi les plus doués de sa génération. Le tout prend place dans une galerie revisitée par les architectes Robbrecht & Daem. A la galerie Xavier Hufkens, à Bruxelles.

Pleure(nt) les glaciers jusqu’ à effacement
L’artiste française Clara Thomine a gravé les noms des glaciers disparus sur le chemin de calcaire, composé de pierres tombales recyclées, du parc Georges Henri. Un devoir de mémoire essentiel. Au parc Georges Henri, à Bruxelles.

Excelsior, jusqu’ au 16 juillet
A travers les œuvres d’une dizaine d’artistes, Excelsior rend hommage à Stan Lee, légendaire créateur des comics Marvel décédé en 2018. A la Mazel galerie, à Bruxelles.

Labor, jusqu’ au 2 juillet
La mutation du travail vers une dématérialisation des activités provoque une perte de sens chez les travailleurs. Les curateurs Emmanuelle Indekeu et Hervé Charles convient des artistes réputés et émergents autour de ce constat. Au CAL, à Charleroi.

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