«La nature est le meilleur artiste qui soit», assure Moni Wespi. © Courtesy Moni Wespi & Maëlle Delaplanche

Entretien avec Moni Wespi et Maëlle Delaplanche à l’occasion de l’exposition Liquefy: Human-Nature dans l’Espace Qartier

Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste
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La trame de Liquefy: Human-Nature n’est pas anodine. Cette exposition atypique prend place dans l’Espace Qartier, un lieu culturel bruxellois logé au cœur de la station de métro Bourse. Issue de la chorégraphie, l’artiste visuelle suisse-américaine Moni Wespi y déploie une imagerie déroutante, entre fixité et mouvement, qui fait s’interpénétrer nature et culture au travers de vidéos, de photographies, d’œuvres textiles, de performances, ainsi que de dioramas abouchant la 2D à la 3D. La curatrice Maëlle Delaplanche épaule cette proposition qui entend sortir les passants de leur routine en les incitant à questionner leur manière d’être au monde.

Par quoi votre œuvre est-elle travaillée?

Moni Wespi: Longtemps, la question centrale était l’identité humaine et les possibles transformations de celle-ci. Avec la pandémie, mon approche a changé, je me suis appliquée à réintégrer l’humain dans la nature en dépassant les oppositions de surface. Pour moi, c’est une évidence car mes parents m’ont toujours emmenée dans les paysages les plus sauvages, que ce soit aux Etats-Unis, en Suisse ou en Equateur. La nature est incontestablement le meilleur artiste qui soit.

Formellement, le regardeur est déconcerté face à ce travail pluriel…

Maëlle Delaplanche: Ce qui est intéressant dans la pratique de Moni, c’est qu’elle travaille autant le geste que le côté plastique ou l’image évolutive. Elle signe ainsi des «moving portraits» qui sont comme des peintures en mouvement, une sorte de bougé ténu qui rappelle les peintures vidéo de Hans Op de Beeck. Le fond et la forme s’épousent parfaitement sous la lumière artificielle de cette station de métro, lieu de transit lié au flux et à la ville, pour inviter à méditer et prendre du recul. Tout un chacun constate ici qu’il est lui-même une émanation de la nature et pas un être qui lui fait face.

C’est donc une histoire de reconnexion à la nature dont il s’agit?

M.W. : Oui, à l’image des deux grandes projections vidéo. La première présente un couple se fondant dans la neige avec beaucoup de légèreté. Dans la seconde, la fluidité apparaît d’entre deux monolithes de pierre comme la naissance d’un nouvel être. Tout invite à se défaire des certitudes et des constructions sociales pour retrouver l’agilité du vivant.

A la station de métro Bourse, à Bruxelles, jusqu’au 26 septembre.

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