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Impôts et télétravail: quels frais sont déductibles ?

Stagiaire Le Vif

Depuis la crise du Covid, le télétravail est devenu une pratique répandue dans les entreprises. Quels frais liés à celui-ci sont déductibles de la déclaration fiscale ? Est-il vraiment intéressant de les déduire ?

Jeanne est employée de bureau. Comme beaucoup d’autres, la crise du Covid l’a contrainte à travailler depuis son domicile. À présent, de nombreuses entreprises ont reconnu les bienfaits du télétravail et Jeanne travaille encore depuis chez elle plusieurs jours par semaine. Comme cela engendre des coûts supplémentaires, elle peut les déduire de sa déclaration d’impôts, mais sous certaines conditions.

Le matériel

Ordinateur, imprimante, chaise de bureau, bics, … Tout le matériel dont Jeanne a besoin pour travailler dans de bonnes conditions peut être compté dans ses impôts. Qu’il soit à usage strictement professionnel, ou partiellement. Dans ce cas, il faut appliquer la proportion de l’usage professionnel au prix de l’objet. Par exemple, si Jeanne a acheté un ordinateur au prix de 400€ et qu’elle l’utilise à 70% pour le travail, son prix déductible sera de 70/100 x 400 = 280€.

Ensuite, dans la plupart des cas, le fisc compte une période de trois ans pour l’amortissement des objets. Pour l’ordinateur, cela signifie qu’un tiers de sa valeur déductible sera remboursé par an, pendant trois ans. Soit 280/3 = 93,33€ par an

Le logement

Que Jeanne travaille depuis un bureau, son salon ou sa cuisine, elle peut compter une partie de son domicile dans ses frais professionnels. Il faut en fait déterminer la partie du domicile utilisée pour travailler et en examiner la surface par rapport à la surface totale. Puis faire la proportion du temps passé à titre professionnel. Exemple : Jeanne travaille depuis son bureau. Son bureau fait 16m² dans un appartement de 100m², pour lequel elle paye 12.000€ par an. En général, 75% du temps qu’elle passe dans cette pièce est dédié au travail. La somme qu’elle peut déduire est donc : 16/100 x 75/100 x 12000 = 1440€.

Attention, il est important de vérifier le contrat de bail avant de faire ce calcul, car certains propriétaires interdisent l’utilisation professionnelle du logement. Les télétravailleurs qui sont propriétaires de leur logement peuvent aussi en déduire une partie de leur déclaration d’impôts. Le même calcul s’applique au prix d’achat du bien (à l’exception du terrain) amorti sur 33 ans (donc divisé par 33).

D’autres frais connexes peuvent être déduis, comme les factures de téléphonie et d’Internet, le chauffage ou l’électricité. Test-Achats, qui conseille les travailleurs sur les frais à inclure dans leur déclaration d’impôts, recommande cependant de partager les coûts selon la proportion d’utilisation professionnelle de ceux-ci, « de manière raisonnable et responsable ».

Ça ne vaut pas toujours la peine

Est-ce que Jeanne a vraiment un intérêt à inclure tous ces frais dans sa déclaration d’impôts ? En réalité, rien n’est moins sur. Parce qu’en fait, le fisc prévoit d’office un « forfait frais professionnels » relativement élevé (4880€ en 2020). Pour qu’elle tire un avantage de ses frais professionnels réels, il faut que ceux-ci dépassent ce montant. D’autant plus que, si elle prouve se frais réels, elle perdra son droit à l’exonération fiscale pour la contribution de son employeur à ses frais de déplacement. Donc in fine, pour que ses frais réels valent la peine d’être comptabilisés, il faut qu’ils dépassent le « forfait frais professionnels » ainsi que cette exonération.

Dernière chose à garder en tête : tous les frais inclus dans la déclaration d’impôts doivent pouvoir être prouvés en cas de contrôle. Il est donc important de garder toutes les factures et preuves de payement pour les frais susceptibles d’être déduits.

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