Non, le télétravail ne diminue pas l’absentéisme. © Getty

Factcheck: non, le télétravail ne diminue pas l’absentéisme

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste au Vif

Malgré la généralisation du télétravail, l’absentéisme au travail augmente en Belgique. D’après la société de ressources humaines SD Worx, celui-ci s’élevait  à 6,6% en 2022, ce qui représente une hausse de 0,6% par rapport à 2021. 6,6% des journées de travail n’ont donc pas pu être prestées pour cause de maladie.

L’année dernière, 3,43% des jours de travail ont été perdus en raison d’absences de courte durée (moins d’un mois) et 3,18% en raison d’absences de moyenne durée (entre un mois et un an), et ceci malgré le télétravail. Un travailleur sur trois (32%) n’a pas connu un seul jour de maladie de courte durée. Près de 13% ont été absents pour une durée moyenne (entre un mois et un an).

Un pic de décembre particulièrement frappant

« Au début de l’année 2022, nous avons fait face à un nouveau pic de la crise du coronavirus. A partir du mois d’avril, nous avons entrevu un déclin. En septembre, l’absentéisme de courte durée a connu une nouvelle augmentation, mais nous le constatons également dans l’année de référence 2019. L’automne engendre traditionnellement une vague de rhumes et de grippes. Néanmoins, le pic de décembre a été particulièrement frappant, par rapport à 2021 et 2019″, observe François Lombard, consultant chez SD Worx.

En juillet dernier, le fournisseur de services RH Securex faisait le même constat. « Les absences de courte durée pour cause de maladie ont augmenté plus fortement chez les employés. Ils sont retournés en grand nombre sur leur lieu de travail et, entre-temps, ont moins le réflexe ou l’opportunité de télétravailler en cas de petits problèmes de santé« , expliquait Stéphanie Heurterre, de Securex.

Risque de burn-out

« Les soins précédemment retardés qui peuvent maintenant avoir lieu expliquent certainement une partie de cette augmentation. D’autre part, de nombreux travailleurs ne sont vraiment confrontés qu’aujourd’hui aux conséquences physiques et mentales de la période du coronavirus. Par exemple, le risque de burn-out a fortement augmenté. Les employeurs et les travailleurs ont tous deux grand intérêt à ce que le dialogue soit ouvert et constructif, en particulier au cours des six premiers mois d’absence, afin de maximiser les chances d’un retour réussi au travail », ajoutait-elle.

Les études de Securex révèlent en effet que le risque de burn-out a fortement augmenté ces dernières années. Alors qu’il concernait déjà 23,8% des salariés en 2018 et 2019, il est passé à 28,5% à l’automne 2021. Ce pourcentage inclut notamment les travailleurs qui sont présents au travail, mais courent un risque accru, ainsi que ceux qui sont au bord du burn-out. Selon Securex, 13,4% des travailleurs sont au bord du burn-out, soit une hausse de 61,4% par rapport à 2018-2019.

Une baisse du télétravail

A en croire les estimations de SD Worx, le télétravail a baissé de 40% par rapport à février et mars 2022. « Nous constatons actuellement la même tendance et le même enregistrement en termes de télétravail que depuis juin de cette année. Avec un pic le vendredi et le mercredi à chaque fois. Le vendredi reste le jour le plus important. En décembre, par rapport à septembre, nous avons constaté une baisse de 15% d’enregistrement de télétravail. Cependant, nous ne pouvons pas confirmer si cela est dû au froid ou si tout le télétravail n’a pas encore été enregistré », observe Chris Storms de SD Worx.

Toujours selon SD Worx, les employeurs du Brabant wallon et de Bruxelles sont les « meilleurs élèves » en termes d’absence à court terme (moins d’un mois) et à moyen terme (entre un mois et un an), même si l’absentéisme y augmente le plus fortement par rapport aux autres provinces. « Ces provinces se caractérisent par un plus grand nombre d’organisations avec des employés ou du travail de bureau. En raison de la politique de retour au bureau, il se peut qu’ils aient fait moins de télétravail en 2022 que ce n’était le cas en 2021 », explique Sébastien Dufour, directeur régional de SD Worx.

Pour esquisser ces tendances, SD Worx analyse les données salariales mensuelles de 70.000 employeurs et de près d’un million de travailleurs du secteur privé en Belgique.

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