Les commerces seront-ils bientôt ouverts plus longtemps? Plusieurs organisations s’y opposent

Le Vif

Plusieurs propositions de loi ont été déposées pour modifier les heures d’ouverture des commerces. Les petits indépendants s’y opposent.

La législation sur les heures d’ouverture des commerces pourrait être prochainement modifiée. Pas moins de cinq propositions de loi ont été déposées en ce sens à la Chambre. Une audience a eu lieu à ce sujet en commission de l’Economie de la Chambre ce mercredi. Les petits indépendants n’y sont pas favorables.

Côté gauche, le PS a déposé deux propositions de loi. La première, co-signée par Vooruit, consiste à encadrer le phénomène des fausses librairies. Le deuxième texte socialiste exprime le souhait d’assouplir les règles pour les commerces installés dans les établissements hospitaliers. Ces deux propositions ont été accueillies favorablement, moyennant certains aménagements.

Côté libéral, deux propositions de loi visant à assouplir les horaires ont été déposées. Le MR ambitionne d’autoriser l’ensemble des commerces à ouvrir jusqu’à 22h00. La proposition vise aussi à permettre aux commerces de déroger une fois par mois au jour de repos hebdomadaire. Un cran plus loin, l’Open Vld propose, outre la fermeture à 22h00, de supprimer purement et simplement la journée de repos hebdomadaire obligatoire. Ces deux propositions sont celles qui ont fait l’objet des principales critiques.

Une cinquième proposition de loi, déposée par le CD&V, assouplit les possibilités de dérogations, sans toutefois supprimer la règle générale. Elle vise à faire passer de 15 à 30 jours le nombre de dérogations aux heures de fermeture obligatoires et au jour de repos hebdomadaire. Ce texte semble davantage faire consensus dans le secteur.

Avis défavorable

En effet, les propositions du MR ne semblent pas ravir les petits indépendants. Leurs représentants ainsi que ceux des PME et des classes moyennes ont rendu un avis défavorable sur les propositions de loi visant à élargir les heures d’ouverture dans les commerces.

L’Union des Classes Moyenne (UCM) et l’Unizo se sont dit opposés à un assouplissement généralisé, rappelant que les exceptions déjà existantes ne sont pas ou peu utilisées. « Par exemple, la Ville de Bruxelles organise une action shopping tous les premiers dimanches du mois. Et on constate que les commerçants n’ouvrent pas systématiquement », a illustré Daphné Sior, conseillère à l’UCM. « Le client n’est pas demandeur. Cela revient systématiquement dans nos enquêtes », a renchéri Lynn Jonckheere, de l’Unizo. Selon les deux unions d’indépendants, l’élargissement des heures d’ouverture ne permettrait pas de mieux armer les PME contre le commerce en ligne.

Le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) est sur la même longueur d’onde. « 78% de nos membres disent non à un élargissement jusqu’à 22h00″, a indiqué son directeur Philippe Ruelens. À l’instar de ses confrères, il a également pointé les potentielles augmentations de coûts salariaux et énergétiques.

La fédération du secteur du commerce Comeos s’est à l’inverse montré favorable à des règles d’ouvertures plus souples, sans pour autant augmenter le nombre total d’heures. Le click &collect jusqu’à 22 heures offrirait plus de flexibilité, a complété Klaas Soens.

Partner Content