Ecolo présentait ses voeux, ce lundi midi, alors que les candidatures pour la coprésidence du parti, qui se clôturent dans deux semaines, n’affluent pas. Plusieurs pistes devant faire consensus sont étudiées et deux noms ressortent un peu plus que les autres.
Retisser du lien, refaire l’éloge de la démocratie et retrouver de la joie. Voici les trois paris émis par l’état-major d’Ecolo, qui présentait ce lundi midi ses vœux pour l’année 2026. Ces trois paris ne sont pas tout à fait incompatibles avec le chantier qui s’ouvrira cet hiver pour les écologistes: trouver un duo capable de mener la présidence du parti jusque 2029 (au moins). Pour rappel, le duo formé entre Marie Lecocq et Samuel Cogolati au lendemain de la débâcle électorale de 2024 avait fini en eau de boudin en novembre 2025 et le leadership du parti est assuré par les chefs de groupe Saskia Bricmont, Sarah Schlitz, Zakia Khattabi, Stéphane Hazée et Bénédicte Linard, désormais à la recherche d’un bon duo pour assurer l’avenir.
Chez Ecolo, la présidence s’assure en duo comprenant un homme et une femme, et chaque duo doit comprendre un(e) Wallon(ne) et un(e) Bruxellois(e). Les candidatures doivent être déposées pour le 25 janvier, s’ensuivra une campagne interne et une élection, entre la fin février et le 15 mars. Cependant, au vu du (très) peu de candidatures qui se dessinent, il n’est pas impossible que l’élection soit plus une manière de tester si un duo fait consensus.
Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre cités, pas confirmés
Une candidature étudiée, mais pas encore confirmée, serait incarnée par Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre. Elle est Picarde (Frasnes), lui est Woluwéen, mais aucun des deux ne représente encore le parti dans un parlement. Par le passé, Marie-Colline Leroy fut secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité des chances (d’avril 2023 à février 2025). Lui est Ixellois, et fut chef de groupe des écologistes à la Chambre lors de la législature précédente.
Quoi qu’il arrive, ce sera un mandat de reconstruction plus que de vision.
De nombreux membres du parti affirment qu’il est nécessaire, et c’est peut-être ce qui a gêné Marie Lecocq et Samuel Cogolati, de nourrir une certaine complicité entre coprésidents. Gilles Vanden Burre et Marie-Colline Leroy ont déjà mené campagne en interne, en 2024, pour reprendre les mandats de Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet. Leur projet «d’écologie du réel» s’est incliné face à celui d’«écologie populaire», porté par Marie Lecocq et Samuel Cogolati, sur un score sans appel de 228 voix contre 585. C’est notamment cette défaite récente qui contraint d’autres écologistes à parler de cette candidature avec des pincettes. «Les militants ont voté à 75% pour un autre projet lors du dernier scrutin interne, j’ai l’impression qu’ils créent une dynamique autour d’eux pour refaire le match.»
Parti politique cherche bons soldats
Si cette candidature aboutit, il faudra donc étudier comment elle pourra réunir les militants écologistes qui n’ont pas voté pour eux il y a un an et demi. Mais l’attelage Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre n’est pas la seule option. Un travail interne autour de plusieurs candidatures est actuellement en cours, et les «bons soldats» du parti sont recherchés. Entendons par là des profils expérimentés, aux épaules solides et à l’énergie débordante. «Mais je ne peux pas dire qu’il n’y aura pas une seule candidature au bout de ce travail», précise une bonne oreille. C’est notamment à quoi s’affairent les présidents des groupes parlementaires, placés ad interim à la tête du parti, afin de trouver un ticket qui fera le plus large consensus en interne.
Si l’on use autant de doubles négations et de contorsions dans le langage chez Ecolo, c’est aussi parce qu’on n’a pas encore tout à fait une vue éclairée sur les autres options. La coïncidence de l’histoire a fourni à Ecolo des coprésidentes bruxelloises et des coprésidents wallons, généralement (Lecocq et Cogolati, Maouane et Nollet, Durant et Javaux). Saskia Bricmont (députée européenne) et Benoit Hellings (ancien échevin bruxellois) ont par ailleurs été cités de manière positive, mais rien ne permet pour l’heure de confirmer une candidature, encore moins commune. Le nom de Bénédicte Linard était chuchoté par endroits, mais faut lui trouver un partenaire bruxellois. Alain Maron est occupé en tant que ministre et puis sera probablement chef de groupe si un gouvernement voit le jour, Kalvin Soiresse s’est engagé à mener la section régionale sur une piste vertueuse. D’autres noms ont circulé, mais la mission est imposante et son échéance est proche. «Quoi qu’il arrive, ce sera un mandat de reconstruction plus que de vision», conclut un représentant du parti.