feux d'artifice

Voici les communes où il est interdit de tirer des feux d’artifice (carte interactive)

Thomas Bernard Journaliste et éditeur multimédia au Vif

Qui dit fêtes de fin d’année dit feu d’artifice. Le Vif a recensé et cartographié les communes où il est possible (ou non) d’en tirer en Wallonie et à Bruxelles.

Le réveillon de Nouvel An a, souvent, feux d’artifice et autres pétards en fond sonore. Tout n’est néanmoins pas autorisé en la matière, en fonction des communes. Si certaines autorisent l’utilisation de pyrotechnies, d’autres l’interdisent totalement. En théorie, il peut y avoir autant de règles qu’il y a de communes. Mais pas dans la région de Bruxelles-Capitale, ni dans la province du Brabant wallon, qui ont harmonisé leurs consignes à l’échelle de leur territoire.

Ainsi, dans la capitale, il faut impérativement obtenir une autorisation du bourgmestre pour posséder, transporter et utiliser des feux d’artifice, même sur une propriété privée. La région bruxelloise argue que ceux-ci sont dangereux pour l’homme, qu’ils entraînent un risque d’incendie, sont mauvais pour la santé et sont préjudiciables au bien-être animal.

Il en va de même dans l’espace public brabançon, entre le 22 décembre 2025 et le 4 janvier 2026. «A l’exclusion des professionnels disposant des autorisations requises», indique l’arrêté édicté par le Gouverneur provincial. Celui-ci précise, en outre, qu’en cas de non-respect de la mesure, le contrevenant s’expose à une peine de prison de 8 à 14 jours et/ou à une amende de 26 à 200 euros.

De l’interdiction «par défaut» à l’interdiction stricte

Dans les autres provinces wallonnes, il n’existe pas de restrictions uniques, la décision est donc laissée à chaque commune. Ainsi, environ 69% d’entre elles interdisent les feux d’artifice et les pétards, selon Gaia. Souvent, les entités édictent des interdictions «par défaut», sauf autorisation préalable de l’autorité locale. C’est le cas à Charleroi, La Louvière, Mons, Mouscron, Namur, Dinant, Andenne, Liège, Verviers, Ans, ou encore Bastogne.

Si dans ces communes, une autorisation du bourgmestre est nécessaire pour tirer des feux d’artifice, les demandes sont très rarement accordées aux particuliers, les professionnels du métier étant bien souvent les seuls à recevoir un feu vert. Néanmoins, dans certaines entités, à l’instar de La Bruyère (province de Namur), toute demande se verra refusée durant les fêtes, aussi bien «dans la sphère privée qu’événementielle».

A noter également que certaines communes plus rurales autorisent les feux d’artifice dans la sphère privée, mais pas pour les résidents de gîtes et autres hébergements. Les propriétaires et responsables sont d’ailleurs tenus de préciser cela dans le règlement d’ordre intérieur de l’établissement, le cas échéant.

Une pratique dangereuse pour l’homme…

Si certaines communes interdisent entièrement l’utilisation des feux d’artifice sur le territoire, difficile, dans les faits, de contrôler ce qu’il s’y passe. Les amendes administratives n’atterrissent que très rarement dans la boîte aux lettres des contrevenants. Il faut dire que les forces de l’ordre ont souvent fort à faire lors du réveillon de la Saint-Sylvestre.

«La nuit du Nouvel An est particulièrement agitée, entame le porte-parole de la police locale de Bruxelles zone Ouest (Molenbeek Saint-Jean, Ganshoren, Berchem Sainte-Agathe, Jette, Koekelberg). Les forces de l’ordre en service cette nuit se concentrent principalement sur les urgences. Les personnes qui tirent des feux d’artifice sans autorisation sont très rarement inquiétées.»

Le porte-parole le rappelle, les feux d’artifice ne servent pas toujours à illuminer le ciel à minuit. «Nous constatons régulièrement, en particulier lors du Nouvel An, que ces engins sont parfois utilisés comme armes, souligne-t-il. Des personnes se blessent et des dégâts matériels sont causés.»

Mais peu de citoyens signalent ces infractions à la police. «Nous recevons très peu d’appels pour dénoncer l’utilisation de feux d’artifice, poursuit le porte-parole. C’est le Nouvel An, et, qu’il y ait interdiction ou non, il y aura des feux d’artifice. La police intervient seulement s’il y a un danger ou si des personnes sont blessées. Il est difficile d’agir de manière préventive.»

…et pour les animaux

Les animaux n’apprécient pas forcément les feux d’artifice. En plus d’être effrayés par le bruit, les éclats lumineux dans le ciel les font aussi fuir. «Les feux d’artifices perturbent l’ensemble de la faune sauvage, tant les animaux domestiques que les animaux de prairie», regrette Nathalie Vanhinderdael, directrice de la Chaîne bleue mondiale, association de protection animale bruxelloise.

Pour les animaux domestiques, il vaut mieux les garder bien au chaud à la maison pour atténuer les risques. «Allumer la télévision pour masquer le bruit des pétards, et fermer les volets pour empêcher que les éclats lumineux n’effraient les animaux contribue à diminuer leur stress», conseille la directrice de l’association. Pour les animaux de prairie, difficile de les faire rentrer dans le salon, à côté des invités. «Une présence humaine le temps du feu d’artifice est la seule solution pour éviter que les bruits et les lumières les effraient à leur tour», ajoute-t-elle.

Les feux d’artifice à bruit réduit: la solution?

Alors qu’un feu d’artifice classique peut atteindre 150 décibels, un modèle à bruit réduit fait chuter l’intensité sonore de moitié. Pour les animaux, cette alternative engendre moins de nuisances sonores et donc moins de stress. «C’est une avancée, mais c’est léger, déplore Nathalie Vanhinderdael. Le bruit baisse, mais les éclats de lumière ne sont les mêmes. Ce qu’on espère, c’est l’interdiction totale sur l’ensemble du territoire

Certaines communes ont déjà sauté le pas, en n’autorisant que les feux d’artifice à bruit contenu. Une solution qui allie tant bien que mal l’ambiance festive du Nouvel An et le respect des animaux et de l’environnement.

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