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Objectifs du secondaire flamand : « Un sale coup », selon Ben Weyts, « logique » pour Coens, « une bonne chose » pour Mahdi

Le Vif

« Les objectifs ont été élaborés par les représentants des coupoles, les enseignants et des experts, indépendamment du politique. Ils ont ensuite été approuvés sans une voix contre au Parlement flamand. C’est un sale coup, car cette méthode n’est plus possible », déclare le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts en réaction à un arrêt de la Cour constitutionnelle.

Cette dernière a rendu jeudi un arrêt qui secoue l’enseignement flamand. À la suite d’un recours introduit par l’enseignement catholique et par les écoles de pédagogie Steiner, entre autres, la Cour a décidé d’annuler les objectifs finaux d’enseignement fixés début 2021 pour les deuxième et troisième degrés de l’enseignement secondaire de Communauté flamande.

« Ceux-ci sont tellement vastes et détaillés qu’ils présentent les caractéristiques d’un programme d’enseignement complet, de sorte qu’ils peuvent être de nature à constituer un obstacle fondamental, pour les écoles, à la réalisation d’un projet pédagogique propre », a communiqué la Cour jeudi en parallèle de son arrêt.

« La qualité de notre enseignement décline depuis 20 ans, selon chaque sondage et étude« , réagit Ben Weyts. « Quelque chose doit changer et les objectifs à atteindre sont le seul instrument des autorités pour redresser la barre. »

Pas de conséquences immédiates

Le ministre précise que l’arrêt n’a pas de conséquences immédiates, car les objectifs scolaires actuels resteront en vigueur pendant encore trois années. Il souhaite à présent se remettre au travail pour les mettre à jour.

« J’appelle les partenaires de l’enseignement à collaborer sur de nouveaux objectifs de réussite plus stricts qui élèvent le niveau. Travaillons immédiatement sur de nouveaux objectifs de réussite pour l’enseignement primaire, avec un focus sur le néerlandais et les mathématiques », plaide enfin Ben Weyts.

Joachim Coens (CD&V) juge l’annulation « logique »

« Je trouve personnellement logique que ces objectifs aient été annulés« , a réagi le président du CD&V Joachim Coens jeudi. Son parti, partenaire de majorité en Flandre, les avait pourtant approuvés au Parlement flamand.

« Les objectifs allaient trop loin », juge Joachim Coens. « Il faut certainement viser la qualité, mais vous devez aussi faire confiance aux enseignants et aux établissements. Les objectifs doivent aussi laisser de l’espace ».

« Une bonne chose » pour Mahdi

« C’est une bonne chose », a renchéri Sammy Mahdi, seul candidat à la succession de Joachim Coens à la tête des chrétiens-démocrates flamands. « Trop de réglementation et d’interventionnisme du gouvernement détruisent l’enseignement. Laissons les enseignants donner cours et se concentrer sur les tâches essentielles. »

« Nous devons maintenant résolument choisir pour moins d’objectifs finaux, mais tout aussi ambitieux« , a complété le député flamand CD&V Loes Vandromme. « Pas de pédagogie d’État où l’enseignant est un exécutant. Il faudra redonner l’espace ainsi libéré aux écoles et aux enseignants. »

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