Opinion

Carte blanche

Meurtre de Julie Van Espen : l’électeur mérite mieux

Alors que les élections fédérales, régionales et européennes approchent à grands pas, la campagne électorale n’a jamais semblé d’aussi piètre qualité et jamais aussi indigne du citoyen, tant elle se situe au ras des pâquerettes. Celle-ci est à un tournant qui voit nombre de ses protagonistes se déchirer et négliger le débat politique. Au grand dam des électeurs. But hey, what did you expect?

Il est un fait certain. À l’heure où les réseaux sociaux se font le chantre de l’immédiateté et de l’instantanéité, les enjeux électoraux y sont exacerbés de manière négative. Bon nombre de candidats politiques réduisent leurs tweets et autres postes à des attaques frontales, en faisant fi de ce qui devrait prévaloir dans pareil moment, à savoir le contenu, le fond et les propositions concrètes. La retenue et le bon sens n’existent plus, semble-t-il. Derrière leurs claviers, c’est à coup de 280 caractères que nos (futurs) élus s’écharpent, dans l’espoir de faire le buzz (ou le bad, pour les plus malchanceux du lot). Alors, me direz-vous, c’est le jeu, ma pauvre Lucette. Certes, c’est le jeu, mais un jeu malsain, inconsistant et d’une pauvreté intellectuelle ne glorifiant en rien l’arène démocratique.

Le meurtre de Julie Van Espen en est une illustration incontestable. Et honnêtement, on se serait bien gardés de l’évoquer. Aussitôt son corps retrouvé, c’est une déferlante de critiques qui s’est abattue sur Koen Geens, ministre de la Justice. Celles-ci ont alors fait fi d’un certain nombre d’éléments tels que la division des pouvoirs qui prévaut dans nos contrées et qui rend, par exemple, non responsable le ministre de la Justice face à la décision d’un juge.

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Évidemment, on peut s’indigner du manque de financement d’un des trois pouvoirs de l’État, tout comme on peut s’inquiéter de l’état de notre justice. Mais faisons-le avec dignité, décence et respect. Un tel drame soulève des questions légitimes auxquelles nos élus devront inévitablement répondre. Mais il y a un temps pour tout et la récupération politique qui en a été faite par bon nombre de candidats n’a pas sa place dans une campagne électorale. Gauche, droite…peu importe ! Dans pareil moment, il convient de prendre du recul, de rester dignes et d’unir les forces pour « penser à demain ». Deux cent quatre-vingts caractères ne rendront pas Julie Van Espen à ses parents et à ses proches…

Antoine Dutry

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