Le tram, clé de voûte d'un dispositif intermodal. © DR

Le tram à Liège, une révolution copernicienne

Le Vif

Avec vingt et une stations échelonnées le long d’un tracé de 11,7 km qui traverse la ville de part en part, pour relier le stade du Standard à l’écoquartier de Coronmeuse en passant par le coeur historique, le tram s’annonce d’ores et déjà comme le chantier de tous les possibles à Liège.

Willy Demeyer ne s’en cache pas :  » Ça va être une législature de travaux dont la ville va ressortir totalement métamorphosée à l’horizon 2022. Je suis un grand fan du tram, qui assure un bien meilleur service, de la régularité et du confort, tout en diminuant sensiblement le bruit. C’est aussi un changement au niveau de l’image, qui aide à profiler la ville comme une métropole tournée vers l’avenir.  » Histoire d’allier le geste à la parole, le bourgmestre s’est même engagé à conduire le premier tram en circulation, même s’il devra pour cela suivre une formation spécifique.

Avec cinquante hectares de rénovation de voirie de façade à façade, quinze corridors vélos en site propre et une surface de piétonnier plus que doublée, le tram charrie non seulement de nombreux aménagements connexes dans son sillage, mais ouvre aussi la porte à de futurs chantiers d’extension. Les premiers rails ne sont pas encore posés que, déjà, les cartons de la ville sont pleins de projets d’agrandissement, qu’il s’agisse d’étendre le tracé initial, installer un tram de centre-ville au tracé carré ou encore créer un deuxième axe reliant Ans à Fléron.

Désengorger la ville

L’objectif est clair : le tram doit permettre de désengorger la ville pour dégager de la place en vue d’installer des modes de transport doux. Un large dispositif intermodal dont il constitue la clé de voûte, à côté d’autres modes de transport, dont le câble et les bus à haut niveau de service. Un projet de mobilité qui va sensiblement diminuer la présence des automobiles en ville. Pour Gilles Foret, échevin MR de la mobilité,  » le tram va permettre de se réapproprier l’espace différemment. Pour la ville, en ce qui concerne les aménagements et le confort de vie, ça va transfigurer les choses. Il faudra par contre accepter qu’à l’avenir, il sera moins facile de venir au centre-ville en voiture.  »

Une vision sur laquelle s’accordent les principales forces politiques d’opposition. Comme s’enthousiasme Caroline Saal, conseillère communale Ecolo,  » le tram va se déplacer plus vite, sur des axes de transport qui arrivaient à saturation et il permet la rénovation des espaces publics en favorisant du piétonnier, plus de déplacements cyclables et l’instauration de la zone 30. C’est un moment extrêmement intéressant où on va pouvoir repenser la mobilité.  » Même son de cloche au CDH, qui va un pas plus loin. Pour Alda Greoli, le tram est en effet l’incarnation même de l’esprit liégeois :  » C’est l’occasion d’enfin oser mettre radicalement en chantier la philosophie même de la ville. Liège est déjà réputée pour sa convivialité, mais avec tous les aménagements qui vont être mis en place, les autres villes n’auront qu’à bien se tenir : Liège va devenir irrésistible.  »

D’ici là, il ne reste aux Liégeois et aux touristes de passage qu’à prendre leur mal en patience, en attendant la fin de travaux qui s’avèrent d’ores et déjà pharaoniques.

Par Kathleen Wuyard et Clément Jadot.

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