Le gouvernement va prendre des décisions importantes avant les vacances: voici ce qui est sur la table

Le Vif

Le gouvernement va prendre des décisions dans une série de dossiers avant les vacances, a assuré vendredi le Premier ministre, Alexander De Croo, au cours d’une conférence de presse consacrée au deal pour l’emploi.

« Beaucoup de dossiers ont été préparés. On est dans la phase où l’on prend des décisions et, dans les semaines qui viennent, il y en aura dans d’autres domaines », a-t-il déclaré.

   Les partenaires gouvernementaux ont approuvé vendredi matin en première lecture le « deal pour l’emploi », soit un ensemble de mesures visant à stimuler l’emploi et à adapter les règles du travail à la réalité d’aujourd’hui. Elles avaient déjà fait l’objet d’un accord en première lecture en février. Le dossier a suscité quelques crispations du côté de l’Open Vld et du CD&V ces dernières semaines. L’un et l’autre avaient appelé l’équipe De Croo, et en particulier le ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), à finaliser le texte pour qu’il soit approuvé avant les vacances.

Le dossier contient quelques points sensibles, sur lesquels les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à s’accorder, par exemple une plus grande flexibilité par la possibilité de travailler 4X10 heures/semaine (une dérogation à la journée des 8 heures, grande conquête sociale du XXe siècle) ou le travail de soirée et de nuit dans le commerce électronique. La FGTB a d’ailleurs rappelé il y a deux semaines le mal qu’elle en pensait.

   Vendredi après-midi, le gouvernement enchaînait en comité restreint sur la réforme des pensions, où une autre ministre socialiste, Karine Lalieux, est à la manœuvre. Il s’agissait d’un état des lieux après plusieurs réunions intercabinets consacrées à quatre points: la réduction des inégalités entre homme et femme face à la pension, la pension à temps partiel, le bonus pension et les conditions de travail effectif pour bénéficier de la pension minimum.

   Samedi, le gouvernement Vivaldi devrait poursuivre ses travaux avec, selon toute vraisemblance, un autre point sensible au menu: un investissement dans la Défense qui atteindrait 2% du PIB d’ici 2035. Le Premier ministre se rend à la fin juin à Madrid à un sommet de l’OTAN et il souhaite annoncer aux partenaires de l’Alliance un engagement de la Belgique dans cette voie, ce qui serait à la fois un respect des engagements pris en 2014 et une façon de sortir la Belgique du bas du classement des pays européens en termes de budget Défense.

Cette volonté se heurte aux réticences des écologistes. Un accord a déjà été conclu début février sur un effort d’1,54% du PIB d’ici 2030, ont-ils rappelé. Dans un premier temps, ils se sont opposés à aller plus loin. Aujourd’hui, ils mettent en avant les conditions qui devraient entourer un objectif revu à la hausse et l’évaluation de celles-ci. À leurs yeux, il n’est pas question d’accaparer les marges budgétaires disponibles alors que d’autres priorités s’imposent au gouvernement ou pourraient s’imposer à lui dans les années qui viennent.

   Le gouvernement est également soumis à une forte pression sur le pouvoir d’achat malgré les décisions qui ont déjà été prises pour aider les ménages à payer leur facture d’énergie. Les socialistes réclament depuis plusieurs jours la tenue d’un conseil des ministres consacré à ce thème et « à l’urgence sociale ». Interrogé jeudi à la Chambre, le Premier ministre n’a pas emprunté cette direction. Il faudra sans doute attendre la fin du mois avant que des avancées aient lieu, lorsque les experts mandatés par le gouvernement lui auront remis leur rapport définitif. Mais le Premier ministre s’est montré clair: les mesures urgentes ont déjà été prises. Celles qui suivront devront porter sur des réformes structurelles, dont certaines pourraient s’inscrire dans un processus beaucoup plus long.

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