Bart De Wever © BELGA/Dirk Waem

La N-VA conditionne sa confiance à une concertation préalable

Le président de la N-VA Bart De Wever n’a pas exclu lundi soir que son parti, démissionnaire du gouvernement Michel I, accorde sa confiance à la nouvelle coalition fédérale, mais à condition d’être concerté au préalable sur le programme de cette coalition, indique-t-il dans une interview à Terzake (Canvas), dont un extrait a été diffusé dans le JT de la VRT.

« Ça dépendra du contenu de la déclaration gouvernementale, et si elle a été au préalable vérifiée avec nous », déclare-t-il.

« Mais si on fait comme si on n’a pas besoin de nous pour une majorité démocratique, alors c’est une sorte de coup d’État dissimulé, en douceur », ajoute-t-il.

La N-VA ne déposera pas d’elle-même une motion de méfiance, parce qu’elle espère voir aboutir certains dossiers convenus au sein de la Suédoise. Bart De Wever cite notamment le jobsdeal – pour lequel certains pans liés au chômage doivent encore être réglés – et des mesures fiscales sur les pensions. « Ces bons points-là, nous voulons les approuver. Je ne veux absolument pas d’élections anticipées », ajoute-t-il.

A ses yeux, un gouvernement minoritaire est possible, mais il convient de demander le feu vert du parlement, a-t-il ajouté sur VTM, confirmant la position de son parti. Le Premier ministre Charles Michel doit venir s’expliquer au parlement parce qu’à ses yeux, la coalition restreinte Orange bleue constitue bien un nouveau gouvernement, avec une politique neuve et un programme neuf en trois axes. « Il est donc logique qu’il vienne demander la confiance au parlement après avoir déposé une déclaration gouvernementale », commente M. De Wever.

Un vote de confiance n’est pas nécessaire, affirme Kris Peeters

« Ceci n’est pas un nouveau gouvernement, même s’il y a d’autres accents », a martelé lundi soir le vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters, jugeant qu’un vote de confiance au parlement n’était pas nécessaire.

Selon lui, la coalition Orange bleue « reste dans le cadre de l’accord de gouvernement » de la Suédoise, a-t-il ajouté, interrogé dans l’émission Terzake (Canvas).

« Nous respectons la démocratie et la Constitution » et « nous avons aussi du respect pour l’opposition, y compris la N-VA », a-t-il répété à plusieurs reprises au cours de l’entretien.

Le Premier ministre Charles Michel s’entretiendra mardi avec les chefs de groupe à la Chambre sur la manière de poursuivre le travail, a ajouté M. Peeters. « Quelle est l’alternative ? Un gouvernement d’affaires courantes? Des élections? L’opposition a tout intérêt à ce que des décisions soient prises. »

L’annonce par la ministre de l’Asile et la Migration Maggie De Block (Open Vld) de sa volonté de revoir le quota d’une cinquantaine de demandes d’asile par jour est une preuve pour la N-VA de l’existence d’une politique nouvelle. « Mais quand Theo Francken était encore secrétaire d’État en charge de cette compétence, nous avons déjà eu une réunion intercabinets pour voir si ce quota était tenable », a fait observer M. Peeters.

Le chef de file gouvernemental des démocrates chrétiens flamands fait en outre valoir que le travail sur la dégressivité accrue des allocations de chômage n’est pas terminé. La proposition est dans les mains du Premier ministre. Elle pourrait passer par arrêté royal sans nécessité d’une majorité au parlement, fait-il remarquer.

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