© Baudouin Van Humbeek

J’étais sur la ligne des 20 km de Bruxelles, et tout est vrai

Hôtesses qui distribuent des gadgets, routes bloquées, fritkot ambulant : le dernier dimanche de mai, le parc du Cinquantenaire prend toujours des allures de Werchter du jogging. Cette année, l’ennemi annoncé était le soleil. Tout le monde s’attendait à une météo méditerranéenne.

Mais la pluie s’est invitée par surprise peu avant l’heure du départ. Pour s’en protéger, il y a l’imperméable jetable en plastique transparent ou le sac-poubelle de Bruxelles-Propreté transformé en vêtement par deux trous pour les bras.

Dans un festival, 40 000 personnes peuvent ne faire qu’un pour reprendre un refrain en choeur. Pas de ça aux 20 km de Bruxelles (1) : ce sont 40 000 individualités qui déambulent du vestiaire à la distribution des dossards. Sur des tee-shirts on peut lire : Slagerij Olivier, L’enjambée Woluwé, God is real ou Bon anniversaire Théo. Ou les noms d’employeurs ou d’associations caritatives. Une minorité va plus loin en emportant une caméra ultralégère. Pour ne pas passer inaperçu, il y a le duo costume de lapin et costume de carotte ou le casque conquistador porté sur cotte de mailles.

On croise aussi Cacahuète, une créature en Lego qui a pris place sur un monocycle. C’est l’Ironman Frédéric Van Beneden (qui, les hasards de la vie quand même, a usé ses pantalons sur des bancs d’école primaire en même temps que le rédacteur en chef du Vif/L’Express) qui fait faire le parcours à Cacahuète.

Au stand de Cap 48, Annick Capelle fait partie de l’équipe de journalistes, animateurs et techniciens de la RTBF qui court pour la bonne cause. Elle est passée de la course en salle sur tapis à la course en extérieur parce que c’est plus sympa de courir dehors.

Une déflagration fait sursauter tout le monde : c’est le départ. Plus précisément le premier départ. Selon le temps qu’ils ont réalisé à leur participation précédente, les coureurs sont répartis sur six zones qui s’élancent à plusieurs minutes d’intervalle. Pour avoir une idée de la rapidité d’un coureur, il suffit donc d’un coup d’oeil sur la couleur de son numéro de dossard. Les numéros à deux ou trois chiffres sont ceux qui vont vraiment très vite. C’est une des organisatrices qui s’est attribué le dossard numéro 1 000.

Quand tout le monde, ou presque, est parti, on n’entend plus que le bruit des grappes de médailles qui tintinnabulent au bras des officiels de l’arrivée (au même endroit que le départ), prêtes à être distribuées. A peine plus d’une heure après, elles se balancent au cou des premiers bienheureux qui ont déjà fini la course.

A 10 h 33, une participante cherche encore les vestiaires pendant que, derrière elle, les participants handisport, dont les véhicules actionnés avec les bras sont partis avec un quart d’heure d’avance, finissent les 20 km.

Ceux qui arriveront après 11 h 37 (et ils sont nombreux) auront manqué La Brabançonne et la remise des coupes aux premiers. Pour eux, le programme ressemble à ce que diffuse la sono : Highway to Hell. Ceux qui sont déjà là s’étalent sur le gazon et sous le soleil, redevenu leur ami.

(1) Lors des premières éditions, la distance était plus proche de 19 km 600.

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