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J’étais avec les jeunes du PS liégeois, et tout est vrai

Mélanie Geelkens
Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Comme souvent à Liège, tout commence autour d’une Jup’, le temps de tuer le quart d’heure académique. Comme toujours à Liège, le bar est plus peuplé que la salle de conférence.

Jean-Maurice Dehousse s’est éclipsé, il avait juste un peu traîné après le débat des pensionnés. José Happart aussi, il s’était juste placé devant la porte d’entrée pour faire une baise aux militants –  » Salut, ça va ?  » – même à ceux qu’il ne connaissait pas. Jean-Pierre Hupkens ne s’était juste pas attardé du tout.  » Il doit être trop occupé, avec ses nombreux mandats.  » Il balance, Thibaud Smolders. Il a l’air un peu seul, sur l’estrade drapée de rouge, face aux trente militants calés dans des chaises en skaï vert fané comme on n’en fabrique plus depuis les années 1970. Deux dames qu’on aurait envie d’appeler Josette et Huguette s’installent au premier rang (en fait au deuxième, mais il n’y a personne devant), envoyées par l’USC d’Ans  » pour voir comment ça se passe « , glisse l’une qui sait déjà pour qui voter, et ce ne sera pas pour celui qui l’a conviée ce lundi fin de journée.

Le jeune candidat insiste d’emblée :  » On n’est plus là pour ajuster le programme.  » Ça, c’était l’objet des deux réunions précédentes. Cette fois, il le présente à ses  » camarades « , ce texte censé le conduire jusqu’à la présidence liégeoise du PS. Il lit la première des cinq pages, s’arrête à  » nous pourrons ainsi construire un projet de gauche progressiste « . Richard, aussi au premier rang (en fait au troisième, mais il n’y a toujours personne devant), lève le doigt. Lui, il ajouterait bien  » de gauche progressiste forte « . Plus loin, Richard aurait remplacé  » garderie  » par  » lieu d’accueil extrascolaire « .  » C’est plus progressiste.  » Richard est d’accord avec la nécessité de revitaliser l’action commune, mais pourquoi ne citer que la mutuelle et le syndicat ? Et les aides services, et les maisons de retraite, et les loisirs alors ? Richard approuve la limitation à deux mandats publics consécutifs, mais s’il était content des deux législatures d’Obama, il espère bien qu’il n’y en aura qu’une sous Trump. Richard lève à nouveau le doigt, puis deux, puis trois, puis les rabaisse tous et garde son dernier ajustement pour lui.

Joël prend le relais, syndicaliste fier de l’être, affilié à l’USC de Grivegnée depuis 1984, quand elle comptait 600 militants et qu’il était le plus jeune, alors qu’elle en dénombre 200 aujourd’hui et qu’il est toujours le plus jeune. Mais Joël est trop long, il est arrivé en retard et n’a pas entendu qu’il ne pouvait parler plus de deux minutes, parce que Thibaud Smolders doit avoir quitté pour 20 heures. A la fin, Joël aurait bien voulu chanter L’Internationale et ça a fait marrer Henri, qui lui s’est montré plus concis : il veut un seul mandat rémunéré correctement par élu. Jean (Joris, lui aussi candidat à la présidence du PS liégeois), flanqué d’Adams sagement couché à ses pieds (un chien gentil qui n’aboie pas, c’est Willy Demeyer qui l’a dit) rêverait qu’un service d’impression interne soit recréé. Il paraît que les militants  » de 7 à 77 ans, et même à 98 ans  » n’attendent que ça également (ça, c’est Thibaud Smolders qui l’a dit). Mais Jean prévient :  » L’imprimante, ce ne sera pas facile du tout, du tout.  » La présidence de la fédération non plus, non plus.

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