Une conférence de presse avait lieu ce mardi à 10h. © belga

Drogue, alcool, freinage: les derniers développements du drame de Strépy-Bracquegnies

Stagiaire Le Vif

L’enquête autour de l’incident de Strépy-Bracquegnies, qui a eu lieu dimanche, se poursuit. Une conférence de presse était organisée ce mardi pour en connaître les premiers éléments. Le bilan fait état de six morts et 39 blessés, dont 10 en état grave. Que sait-on du drame ? Le Vif fait le point.

Qui sont les auteurs ?

Alors que le traditionnel ramassage des Gilles débutait dimanche, aux alentours de 5h du matin, une voiture a foncé dans la foule. Des vidéos de surveillances ont rapidement permis de reconstituer les événements. Les deux occupants de la voiture, directement interpellés, sont cousins et originaires de La Louvière. Ils revenaient de boîte de nuit. Le conducteur s’est révélé être un amateur de vitesse, postant régulièrement sur les réseaux sociaux des photos ou vidéos. Son permis lui avait d’ailleurs été retiré en 2017, mais il avait repassé tous les tests nécessaires pour l’obtenir à nouveau.

Le conducteur a freiné avant

Grâce aux images de surveillance, il a été établi que la voiture a freiné juste avant le choc, parce que les phares de freinage s’allument. Le passager quant à lui a déclaré qu’il dormait pendant l’accident. Suite aux interrogatoires, le conducteur a reconnu avoir roulé au-dessus de la limitation, à 90km/h selon lui alors que la limite était de 50km/h. L’analyse de la voiture déterminera toutefois précisément la vitesse au moment des faits. Après avoir percuté le groupe de Gilles, il a continué sa route sur une centaine de mètres. Il justifie ce parcours par son état de choc.

Les deux occupants n’étaient pas sous l’emprise de l’alcool

Un éthylotest a été effectué juste après le drame et a démontré que le taux d’alcoolémie du conducteur était à 0,29mg/l d’air, ce qui n’est pas beaucoup plus que la limite autorisée (0,21mg/l). Un test salivaire a également été pratiqué afin de déterminer si le conducteur était sous l’effet de stupéfiants. Celui-ci s’est révélé négatif, mais une analyse sanguine est en cours afin d’en avoir la confirmation.

L’homicide involontaire retenu pour l’instant

Les autorités judiciaires ont annoncé ce mardi lors d’une conférence de presse que les deux occupants de la voiture avaient été inculpés. Seul le conducteur a été placé sous mandat d’arrêt pour homicide involontaire suite à un accident de la route et coups et blessures résultant d’un accident de la route. Les éléments de l’enquête ne permettent pas d’établir que le conducteur a délibérément commis l’accident. Il a été incarcéré à la prison de Tournai. Le passager a lui été inculpé pour non-assistance à personne en danger et remis en liberté sous conditions.

Le conducteur n’est pas qualifié de récidiviste parce que la loi considère que c’est une récidive lorsque le condamné commet une infraction de même nature dans les trois ans. Etant donné qu’il s’est écoulé cinq ans depuis son retrait de permis, on ne peut pas légalement le qualifier de récidiviste. Mais le procureur du Roi Christian Henry précise que le juge prendra tous ses antécédents en compte.

Ce qu’il reste à déterminer

La suite de l’enquête permettra de déterminer s’il y avait une intention d’homicide ou pas, ce qui requalifierait la peine octroyée au conducteur qui est pour l’instant provisoire à ce stade. L’analyse sanguine certifiera ou non que les deux auteurs n’étaient pas sous l’influence de stupéfiants. Enfin, une question qui reste en suspens est la potentielle présence d’un système de freinage automatique. Les données techniques du véhicule, qui seront transmises par la marque, répondront à cette question qui pourrait aussi être déterminante pour la suite de l’enquête. En parallèle des analyses du véhicule, la police a lancé un appel à témoins ce mardi, toutes personnes ayant vu les faits peuvent s’adresser à l’adresse suivante : avisderecherche@police.be

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