© Getty

Covid: les parents toujours inquiets par les mesures concernant les enfants

Quelques jours après le dernier Comité de concertation, dont les mesures ont principalement ciblé les enfants, plusieurs pistes de solution ont été offertes aux parents, mais pas de quoi calmer leurs angoisses, regrette la Ligue des familles dans un communiqué publié mardi. L’obligation du port du masque à partir de six ans cristallise à elle seule beaucoup de critiques.

Les parents qui éprouvent des difficultés pour faire garder leurs enfants durant la semaine du 20 décembre pourront bénéficier du chômage temporaire pour force majeure corona, tandis que ceux qui sont indépendants devraient pouvoir prétendre au droit passerelle. Pour autant, ces mesures s’accompagnent d’une perte de revenu. Or, bien des parents ne peuvent se permettre de faire une croix sur une partie de leur salaire, s’inquiète La Ligue des familles.

L’association de soutien à la parentalité regrette par ailleurs que les parents fonctionnaires doivent, eux, continuer à exécuter leurs prestations dans le cadre du télétravail tout en gardant leurs enfants, en vertu de la circulaire de la ministre de la Fonction publique. « Le télétravail avec enfants ne permet pourtant ni de travailler correctement, ni de s’occuper correctement de ses enfants, et moins encore de préserver sa santé mentale », relève la Ligue des familles.

Les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont toutefois tenues d’organiser une garderie scolaire lors de cette semaine de vacances anticipée. La circulaire de la ministre francophone de l’Éducation Caroline Désir prévoit en effet que « chaque établissement devra organiser un accueil des élèves régulièrement inscrits dans l’établissement pour lesquels aucune autre solution alternative de garde n’est possible pour les parents sans mobiliser des personnes à risque ». Les parents ne devront pas présenter de justificatif pour y avoir accès. Reste à voir si ce service sera bien assuré par les différents établissements scolaires.

La Ligue insiste pour que les cours reprennent normalement début 2022. A priori, les écoles fondamentales rouvriront leurs portes comme prévu le 10 janvier. « La durée de la mesure permettant de fermer les classes après deux cas positifs n’a pas encore été annoncée, ni celle du port du masque en primaire », pointe l’organisation.

À ce sujet, l’Union francophone des Associations de Parents de l’enseignement catholique (Ufapec) exhorte, dans un communiqué, à ce que l’obligation du port du masque à partir de six ans soit levée « dès que possible ». « Une prolongation de cette mesure ne serait probablement pas sans conséquence sur le bien-être des enfants à l’école et sur les apprentissages », estime-t-elle.

A l’instar de la Ligue des familles, l’Ufapec a reçu de nombreux messages de parents qui s’inquiètent des mesures décidées pour les plus petits. « Ces parents ont le sentiment que l’on fait peser une charge disproportionnée aux enfants à ce stade de la pandémie, notamment au regard de ce qui est demandé aux adultes », pointe l’Union.

Pour beaucoup de parents, le port du masque dès l’âge de six ans est en effet la « goutte de trop ». Une pétition contre son obligation, lancée en ligne vendredi soir dans la foulée du Codeco, rassemblait mardi après-midi plus de 37.000 signatures.

Une enquête menée par la Ligue des familles a révélé que 69% des parents avaient déclaré ne pas s’être sentis soutenus par le monde politique pendant le premier confinement lié à la crise sanitaire. « Au coeur de leur mécontentement, l’impossible conciliation entre travail et garde des enfants pendant la fermeture des écoles, les difficultés du suivi scolaire pendant le confinement et le manque de soutien financier », explique l’association, qui appelle dès lors les différents gouvernements à soutenir davantage les familles.

« La circulaire du 28 octobre 2020 offre des options aux fonctionnaires qui sont confrontés à une situation de télétravail qu’ils doivent combiner avec la garde d’enfants« , réagit la ministre de la Fonction publique Petra De Sutter. « Il existe des solutions comme un changement d’équipe de travail, ou bien encore un rythme de travail ou un ensemble de tâches plus adaptés. Il existe aussi la possibilité de demander une dispense de service comme alternative au chômage technique. La concertation avec le supérieur hiérarchique est importante pour la mise en place de ces solutions. »

Partner Content