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Belges en Syrie: une nouvelle mission consulaire dans les camps syriens

Le Vif

La Belgique a dépêché une mission consulaire dans les camps du nord-est de la Syrie pour déterminer combien d’enfants belges de djihadistes présumés s’y trouvent toujours sous le  contrôle de l’administration semi-autonome kurde, a-t-on appris lundi auprès du cabinet du Premier ministre Alexander De Croo.

Les données recueillies durant cette mission, dont les dates n’ont pas été précisées, seront analysées au cours des prochains mois, a-t-on indiqué de même source, en précisant qu’il n’existait actuellement aucun plan concret en vue d’un éventuel nouveau rapatriement d’enfants.

   La Belgique a rapatrié en juillet dernier six femmes de nationalité belge et leurs dix enfants détenus par les Kurdes dans le camp de Roj, dans le nord-est syrien, lors d’une opération menée en collaboration par plusieurs services, dont les Affaires étrangères et la Défense.

   Le journal ‘Het Laatste Nieuws’ écrit lundi qu’un nouveau rapatriement est en préparation. Un certain nombre de mères et d’enfants ont été vus dans le camp de Roj ces derniers jours par une équipe de recherche belge. Selon le quotidien, cette équipe a notamment prélevé des échantillons d’ADN pour vérifier si les enfants descendent bien de parents belges. Les mères ont été interrogées en vue d’un screening, pour apprécier au cas par cas si un retour est justifié. Elles devaient également indiquer si elles souhaitaient rentrer en Belgique et si elles laisseraient partir leurs enfants au cas où elles ne rempliraient pas elles-mêmes les conditions requises pour un rapatriement.

   Peu de détails sur cette nouvelle mission ont filtré depuis le monde politique. Seul le cabinet du Premier ministre a confirmé à l’agence Belga qu’une mission consulaire avait eu lieu, sans qu’il n’existe de plan concret pour une nouvelle opération de rapatriement. « Comme toujours, la sécurité nationale de notre pays prime », a-t-on indiqué de même source.

   Le professeur de psychologie-sociologie à la VUB Gerrit Loots, qui a été impliqué dans ces missions, a indiqué que dix femmes et 21 enfants se trouvent encore dans les camps syriens

   Si les enfants n’ont pas pu rentrer la dernière fois, c’est parce qu’ils se trouvaient alors dans le camp d’Al-Hol, « l’un des camps les plus grands et les plus dangereux », a déclaré le professeur Loots au micro de la VRT-radio. « L’EI (le groupe djihadiste Etat islamique) était de nouveau actif autour de ce camp et c’était essentiellement un petit califat », a-t-il ajouté.

   Les femmes et les enfants ont entre-temps été transférés à Roj. Le professeur Loots a des contacts avec des femmes dans ce camp et souligne que la radicalisation s’y poursuit. Il s’agit de femmes qui sont dans des camps depuis quatre ou cinq ans, les enfants sont âgés de 7 à 8 ans. Elles voient leurs enfants être endoctrinés.

   « Certaines mères disent qu’elles ont peur de leur propre enfant », a déclaré Gerrit Loots, qui estime que le rapatriement est « vraiment nécessaire ».

   Un point de vue qui n’est pas partagé par le député Koen Metsu (N-VA).

   « Sur les six femmes de l’EI récemment rapatriées, deux sont emprisonnées. Il est donc incompréhensible que le gouvernement fédéral répète cette opération. Pas seulement pour notre sécurité, mais aussi parce qu’un tel rapatriement coûte des millions d’euros aux contribuables. Par exemple, le rapatriement précédent a coûté 1,7 million d’euros », a-t-il affirmé.

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