Examen d'entrée en médecine. © belga

Après 25 ans d’attente, un accord est conclu sur les numéros Inami: les futurs médecins devront tous passer un concours

Le gouvernement fédéral a finalement validé ce vendredi un accord avec la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant la délivrance des futurs numéros Inami.

Après des années de négociation et de méfiance, le débat sur les numéros Inami – sans lesquels les médecins et les dentistes ne peuvent offrir à leurs patients des remboursements de l’assurance maladie – est clos. Un accord a été conclu ce vendredi. L’accord impose un contrôle plus sévère des quotas Inami par le fédéral, avec la volonté de mettre fin au dépassement systématique des contingents par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Chaque année, quelque 850 nouveaux médecins sortent des universités francophones, pour un peu plus de cinq cents numéros en théorie. Ce qui contraint le fédéral à délivrer des numéros supplémentaires. Dès la rentrée 2023, seul un nombre prédéterminé de lauréats pourra entamer des études de médecine et de dentisterie.

Concours et garantie

Tout comme en Flandre, un concours d’admission sera désormais organisé en Belgique francophone à partir de l’académique 2023-2024. « De cette manière, tous les étudiants qui entament la formation de médecin ont la garantie de pouvoir exercer la profession par la suite et, donc, de recevoir un numéro Inami », indique le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke dans un communiqué. Jusqu’ici, la Fédération Wallonie-Bruxelles n’organisait pas, comme la Flandre, de concours (avec un nombre défini d’admis) à l’entame des études. Un examen d’entrée était instauré: tout candidat qui réussissait l’épreuve était autorisé à s’inscrire. Insuffisant, inefficace pour la Flandre, qui jugeait que ce filtre, non bétonné, provoquait une demande trop importante en numéros Inami.

En échange de ce concours d’admission, la Fédération a reçu la garantie que tous les étudiants en cours de formation disposeront d’un numéro Inami. Selon Lucas Van Molle, président de la Fédération des étudiants francophones (Fef), la mise en place de ce concours est « une couleuvre dure à avaler ». « Les meilleurs, ceux qui vont réussir, seront ceux qui proviennent de milieux privilégiés. C’est un filtre social à l’entrée des études qui va favoriser l’élitisme et un entre-soi », déplore-t-il.

Quotas augmentés

La planification de l’offre médicale sera donc désormais basée sur les besoins, selon le ministre de la Santé. Le nombre de numéros Inami sera sensiblement relevé à l’avenir, afin notamment de disposer de plus de médecins généralistes au sud du pays où le métier est en pénurie depuis plus années. Le quota pour 2028 sera augmenté, tant du côté flamand que du côté francophone. « L’augmentation est fondée sur l’avis de la commission de planification fédérale, mais pour l’année 2028, une « réserve » supplémentaire est ajoutée, à titre exceptionnel et unique. Cette réserve supplémentaire tient compte de la possibilité que, dans le contexte d’épidémies récurrentes, les généralistes devront consacrer plus de temps à la gestion de la santé de l’ensemble de la population », souligne le communiqué. Concrètement, cela signifie que le quota total pour 2028 en Fédération Wallonie-Bruxelles (pour tous les médecins) sera égal à 744 et, pour la Communauté flamande, il sera égal à 1104.

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