La nuit tombe sur la Belgique. Une à une, les étoiles se mettent à scintiller. Soudain, à l'ouest, surgit un point plus brillant que les autres. Et celui-là, il bouge! Il ne clignote pas, ce n'est pas un avion, il ne scintille pas, ce n'est pas une étoile... C'est la Station spatiale internationale (ISS). Selon sa trajectoire, elle va parcourir la voûte céleste en à peine quatre minutes. L'ISS est le plus gros objet jamais assemblé dans l'espace. Elle orbite à environ 400 kilomètres d'altitude, à une vitesse avoisinant les 28 000 kilomètres par heure, seize fois par jour. Depuis novembre 2000, elle est habitée de manière permanente.
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La nuit tombe sur la Belgique. Une à une, les étoiles se mettent à scintiller. Soudain, à l'ouest, surgit un point plus brillant que les autres. Et celui-là, il bouge! Il ne clignote pas, ce n'est pas un avion, il ne scintille pas, ce n'est pas une étoile... C'est la Station spatiale internationale (ISS). Selon sa trajectoire, elle va parcourir la voûte céleste en à peine quatre minutes. L'ISS est le plus gros objet jamais assemblé dans l'espace. Elle orbite à environ 400 kilomètres d'altitude, à une vitesse avoisinant les 28 000 kilomètres par heure, seize fois par jour. Depuis novembre 2000, elle est habitée de manière permanente. L'idée d'une station spatiale internationale découle directement de la fin de la guerre froide et est apparue sous le mandat de Ronald Reagan. Elle est accueillie avec enthousiasme par les agences spatiales européenne, canadienne et japonaise. L'objectif est d'acquérir l'expérience des longs séjours dans l'espace en vue du futur voyage vers Mars. Mais le 28 janvier 1986, la navette spatiale Challenger explose au décollage. La suspension des vols les deux années qui suivent bouscule les plans. La navette est en effet indispensable à l'assemblage de la station. L'URSS est alors invitée à se joindre au projet. Elle possède une expérience appréciable dans l'exploitation des stations spatiales et des vols de longue durée (stations Saliout, MIR...). Mais le bloc soviétique s'effondre au début des années 1990. Pas question pour autant d'abandonner: en 1992, Américains et Russes signent un accord de coopération spatiale. Le premier module est envoyé dans l'espace en novembre 1998 par une fusée russe Proton. Navettes spatiales, fusées russes, européennes, japonaises et américaines se sont ensuite relayées pour ce périlleux assemblage et son ravitaillement. Une trentaine de modules ont été assemblés au fil du temps. L'Europe a développé l'un des laboratoires, Columbus. Le premier équipage à séjourner à bord de l'ISS était constitué de William Shepherd (Etats-Unis), Sergeï Krikalev (Russie) et de Youri Gidzenko (Russie). Il a rejoint la station le 2 novembre 2000 et y est resté 141 jours. Depuis lors, plus de 240 astronautes (dont trente-six femmes et... sept touristes) en provenance de dix-neuf pays différents s'y sont succédé, pour des séjours plus ou moins longs. Frank De Winne, second astronaute belge (après Dirk Frimout qui vola à bord de la navette Atlantis en 1992), s'envole avec les Russes le 30 octobre 2002 pour une mission de dix jours. Il y retourne en mai 2009 pour six mois et en devient le premier commandant européen. En moyenne, les astronautes passent six mois à bord. La microgravité leur permet d'effectuer des recherches impossibles à réaliser sur notre planète en raison de la pesanteur. Ils sont en quelque sorte les "mains" des chercheurs restés sur Terre. En deux décennies, ils ont réalisé plus de 3 000 expériences scientifiques dans les domaines de la physique fondamentale, de la physique des fluides, de la combustion, de la science des matériaux... Avec l'arrivée récente de Thomas Pesquet et de ses coéquipiers, c'est le 65e équipage qui occupe actuellement l'ISS. Elle tourne autour de la Terre depuis vingt-trois ans et les opérations de maintenance de la station vieillissante prennent de plus en plus de temps. Bien qu'elle ne soit pas encore entièrement terminée (un module russe doit encore la rejoindre cette année), son remplacement fait l'objet d'âpres discussions. Son exploitation est bien acquise jusqu'en 2028. Ensuite, plusieurs pistes sont envisagées: sera- t-elle désorbitée, exploitée à des fins commerciales par une ou plusieurs sociétés privées? Un projet consiste aussi à s'en servir comme de point de départ pour construire une nouvelle station constituée de modules gonflables et, une fois celle-ci terminée, s'en désolidariser. Vraisemblablement, l'envoi par la Chine d'un premier élément d'une nouvelle station dans l'espace encouragera les partenaires de l'ISS à conserver une présence habitée en orbite terrestre. Mais Américains et Européens investissent déjà dans le projet Artemis de retour sur la Lune, avec l'établissement d'une station autour de notre satellite (Gateway) . Pourront-ils assumer les deux?