Les millénials se méfient des appels téléphoniques. Selon une étude réalisée en Angleterre, 76% des moins de 30 ans ont des pensées anxieuses quand ils entendent la sonnerie du téléphone, contre 40% de leurs collègues plus âgés. Selon plusieurs études, le nombre d'appels a par ailleurs baissé ces dernières années, alors que le nombre d'utilisateurs de téléphone portable a augmenté, rapporte Usbek & Rica.

Si les jeunes utilisent de moins en moins leur téléphone pour téléphoner, ce serait à cause d'habitudes prises il y a longtemps.

Selon la docteure en sociologie et chercheuse à l'ISC Paris Catherine Lejealle, le premier grand changement est venu de l'apparition du téléphone portable en 1996. Les forfaits de SMS illimités avec seulement une heure d'appel se sont généralisés au début des années 2000.

Les enfants nés en 1990 ont donc grandi dans ce contexte et ont forgé leurs habitudes de communication avec ces forfaits. Pour ces jeunes, le téléphone portable leur permet d'éviter le téléphone fixe familial qui trône généralement au milieu du salon et d'avoir de longues discussions par SMS en toute discrétion.

C'est également à ce moment que sont apparues les messageries instantanées sur internet. Ce qui a permis aux adolescents de l'époque de prolonger le plaisir des discussions sans fin par écrans interposés.

Les jeunes sont donc de moins en moins amenés à téléphoner pour communiquer. Même plus tard, sur leur lieu de travail, les mails ont déjà remplacé de nombreux coups de téléphone.

Ce n'est pas pour autant que les moins de 35 ans ont cessé d'utiliser leur voix au profit de leurs doigts. Selon le baromètre 2018 de My Media, les 18-34 ans seraient les premiers utilisateurs des assistants vocaux. Ils les utilisent six fois sur dix via leur smartphone.

Autre utilisation de la voix pour ces jeunes : l'enregistrement de messages vocaux envoyés sur les messageries instantanées comme Whatsapp et Instagram. Ce service est disponible depuis fin 2018.

Si les jeunes ne veulent plus téléphoner, c'est aussi parce que les nouvelles technologies leur offrent des possibilités beaucoup plus créatives pour s'exprimer que le simple appel téléphonique. "La communication devient une oeuvre personnelle", explique Catherine Lejealle.

De plus, les jeunes revendiquent un besoin de liberté. Là où le coup de téléphone doit être décroché dans les secondes qui suivent et traité dans la foulée, les messageries permettent de différer la conversation à un moment plus opportun.

Aujourd'hui, les jeunes consomment les télécommunications de manière illimitée et quand ils veulent. Leurs habitudes ont été conditionnées par l'avènement des abonnements illimités, de l'ADSL, du WI-FI, de la 4G, puis des plateformes de streaming de musique et maintenant de films et de séries.

"Notre société post-moderne repose sur la liberté de l'individu qui souhaite s'organiser comme bon lui semble, explique Catherine Lejealle à Usbek & Rica. " Quand c'est leur moment, il faut répondre, d'où l'essor des FAQ, des chabots, etc." Évidemment, l'inverse n'est pas valable. "L'appel suppose une synchronisation des deux interlocuteurs. Cela peut convenir par moments, mais rarement. En revanche, enregistrer un message qui sera lu, voire écouté et réécouté quand l'autre aura envie, cela respecte la liberté de chacun".

Les millénials se méfient des appels téléphoniques. Selon une étude réalisée en Angleterre, 76% des moins de 30 ans ont des pensées anxieuses quand ils entendent la sonnerie du téléphone, contre 40% de leurs collègues plus âgés. Selon plusieurs études, le nombre d'appels a par ailleurs baissé ces dernières années, alors que le nombre d'utilisateurs de téléphone portable a augmenté, rapporte Usbek & Rica.Si les jeunes utilisent de moins en moins leur téléphone pour téléphoner, ce serait à cause d'habitudes prises il y a longtemps. Selon la docteure en sociologie et chercheuse à l'ISC Paris Catherine Lejealle, le premier grand changement est venu de l'apparition du téléphone portable en 1996. Les forfaits de SMS illimités avec seulement une heure d'appel se sont généralisés au début des années 2000.Les enfants nés en 1990 ont donc grandi dans ce contexte et ont forgé leurs habitudes de communication avec ces forfaits. Pour ces jeunes, le téléphone portable leur permet d'éviter le téléphone fixe familial qui trône généralement au milieu du salon et d'avoir de longues discussions par SMS en toute discrétion. C'est également à ce moment que sont apparues les messageries instantanées sur internet. Ce qui a permis aux adolescents de l'époque de prolonger le plaisir des discussions sans fin par écrans interposés.Les jeunes sont donc de moins en moins amenés à téléphoner pour communiquer. Même plus tard, sur leur lieu de travail, les mails ont déjà remplacé de nombreux coups de téléphone.Ce n'est pas pour autant que les moins de 35 ans ont cessé d'utiliser leur voix au profit de leurs doigts. Selon le baromètre 2018 de My Media, les 18-34 ans seraient les premiers utilisateurs des assistants vocaux. Ils les utilisent six fois sur dix via leur smartphone. Autre utilisation de la voix pour ces jeunes : l'enregistrement de messages vocaux envoyés sur les messageries instantanées comme Whatsapp et Instagram. Ce service est disponible depuis fin 2018. Si les jeunes ne veulent plus téléphoner, c'est aussi parce que les nouvelles technologies leur offrent des possibilités beaucoup plus créatives pour s'exprimer que le simple appel téléphonique. "La communication devient une oeuvre personnelle", explique Catherine Lejealle. De plus, les jeunes revendiquent un besoin de liberté. Là où le coup de téléphone doit être décroché dans les secondes qui suivent et traité dans la foulée, les messageries permettent de différer la conversation à un moment plus opportun. Aujourd'hui, les jeunes consomment les télécommunications de manière illimitée et quand ils veulent. Leurs habitudes ont été conditionnées par l'avènement des abonnements illimités, de l'ADSL, du WI-FI, de la 4G, puis des plateformes de streaming de musique et maintenant de films et de séries."Notre société post-moderne repose sur la liberté de l'individu qui souhaite s'organiser comme bon lui semble, explique Catherine Lejealle à Usbek & Rica. " Quand c'est leur moment, il faut répondre, d'où l'essor des FAQ, des chabots, etc." Évidemment, l'inverse n'est pas valable. "L'appel suppose une synchronisation des deux interlocuteurs. Cela peut convenir par moments, mais rarement. En revanche, enregistrer un message qui sera lu, voire écouté et réécouté quand l'autre aura envie, cela respecte la liberté de chacun".