Jamais on n'aurait pensé qu'un événement spatial naturel pourrait un jour nous priver d'Internet. Et pourtant...Des chercheurs de l'université de Californie à Irvine (États-Unis) avancent aujourd'hui qu'une tempête solaire risque de provoquer de graves pannes du réseau dans les années à venir et plonger le monde dans une "apocalypse d'internet". Un black-out du réseau qui pourrait durer plusieurs semaines. Voire plusieurs mois. Mais pourquoi ce phénomène s'annonce-t-il si dévastateur pour les nouvelles technologies ?
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Jamais on n'aurait pensé qu'un événement spatial naturel pourrait un jour nous priver d'Internet. Et pourtant...Des chercheurs de l'université de Californie à Irvine (États-Unis) avancent aujourd'hui qu'une tempête solaire risque de provoquer de graves pannes du réseau dans les années à venir et plonger le monde dans une "apocalypse d'internet". Un black-out du réseau qui pourrait durer plusieurs semaines. Voire plusieurs mois. Mais pourquoi ce phénomène s'annonce-t-il si dévastateur pour les nouvelles technologies ?Au tour de la Terre souffle en permanence un vent solaire, composé de particules chargées d'ions et d'électrons qui sont éjectés de la haute atmosphère du Soleil. Le champ magnétique de la Terre protège ses habitants de ce vent solaire en déviant le vent électrique vers les pôles de la planète et en créant des aurores scéniques. Mais parfois, en raison du cycle de vie naturel du Soleil, ces vents se transforment en tempêtes solaires - qui projettent bien plus de matière que les vents solaires - et parviennent à se glisser jusqu'à notre atmosphère en passant par les pôles. Quand ces tempêtes solaires atteignent la terre, elles provoquent ce que l'on appelle des orages magnétiques, en interagissant avec le champ magnétique terrestre. Ce phénomène menace alors nos systèmes de navigation et nos réseaux électriques. Et même nos réseaux de communication. Pour autant, la probabilité qu'un tel événement météorologique spatial extrême ait un réel impact sur la Terre reste faible - les chercheurs estiment qu'une telle tempête survient entre 1,6% et 12% par décennie. Faible, mais pas impossible. Comme le démontre le célèbre événement de Carrington, survenu en 1859.1er septembre 1859. Alors que Richard Carrington pointe son télescope vers le soleil, il aperçoit un énorme groupe de taches solaires. Soudainement, deux perles brillantes de lumières aveuglantes apparaissent au-dessus de ces dernières, avant de disparaître. Pendant ce temps-là, à Cuba, dans les Bahamas ou à Hawaï, des aurores boréales emplissent le ciel nocturne. Partout, des étincelles se mettent également à jaillir des télégraphes, mettent le feu au papier et électrocutent leurs opérateurs. C'était la première tempête solaire jamais observée par l'Homme, et la plus violente aussi.Dans nos sociétés modernes et dépendantes des nouvelles technologies, un tel phénomène pourrait avoir de grandes conséquences. Si le fonctionnement des satellites et les gestionnaires de réseau prennent désormais en compte ce risque, du moins pour la plupart - les réseaux électriques sont en effet plus ou moins résilients suivant les pays -, on ne peut pas en dire autant du réseau internet mondial. En l'occurrence, peu d'études ont été faites sur le sujet.Dans leur étude, les chercheurs de l'université de Californie ont évalué la robustesse de l'infrastructure Internet actuelle contre un événement météorologique spatial aussi extrême. Leurs conclusions : les lignes de fibres optiques longue distance et les câbles sous-marins, qui constituent une partie vitale de l'infrastructure Internet mondiale, sont vulnérables."La fibre optique présente dans les câbles Internet longue distance est bien immunisée contre les courants induits géomagnétiquement (NDLR : tempête solaire). Mais ces câbles comportent également des répéteurs alimentés électriquement à des intervalles de plus ou moins 100 km qui sont susceptibles d'être endommagés", a expliqué dans un tweet le Dr Jyothi, responsable de l'étude.Un seul répéteur en panne et c'est le fonctionnement de tout un câble qui peut être remis en cause. Si le réseau a heureusement été pensé pour garantir la connexion en cas de dommages - en empruntant d'autres voies si la plus directe est coupée - si un grand nombre de répéteurs tombent en panne simultanément, il sera impossible d'éviter des problèmes. On peut en effet craindre que des continents entiers se retrouvent coupés les uns des autres. Et réparer les câbles sous-marins est une opération délicate qui nécessiterait plusieurs semaines.