Il y a quinze jours, une étude de l'Université d'Oxford affirmait que les vaccins offrent bien une protection contre la transmission du coronavirus, mais que celle-ci diminue depuis l'émergence du variant delta. Selon cette étude réalisée entre janvier et août 2021 au Royaume-Uni, une période où les variants alpha et delta luttaient pour devenir dominants, les vaccins protègent bien contre le covid, mais leur efficacité sur la transmission diminue au contact du variant delta.
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Il y a quinze jours, une étude de l'Université d'Oxford affirmait que les vaccins offrent bien une protection contre la transmission du coronavirus, mais que celle-ci diminue depuis l'émergence du variant delta. Selon cette étude réalisée entre janvier et août 2021 au Royaume-Uni, une période où les variants alpha et delta luttaient pour devenir dominants, les vaccins protègent bien contre le covid, mais leur efficacité sur la transmission diminue au contact du variant delta. Nathalie Jacobs, professeure de virologie à l'Université de Liège, confirme que les vaccins protègent moins bien contre la transmission. Elle explique que les tests cliniques effectués sur les vaccins ont été développés pour étudier si le vaccin protège contre la maladie, et non contre la transmission."La protection contre la transmission est moins bonne que contre la maladie, et les pourcentages de protection varient entre les études. Il y a toujours une tendance à la diminution de la transmission, mais il faut rappeler que comme la protection contre la maladie, celle-ci n'est jamais absolue."Une fenêtre de contamination plus courteLa virologue souligne qu'une étude a montré que les personnes vaccinées perdent plus rapidement leur charge virale que les non vaccinés. "La fenêtre de contamination serait plus courte pour les vaccinés", rappelle-t-elle. Aussi insiste-t-elle sur la nécessite de se faire vacciner. "Il est certain qu'il vaut mieux être vacciné que non vacciné. Mais il y aura des personnes vaccinées qui vont mourir. Le vaccin offre une très bonne protection contre les formes graves de la maladie, dans les meilleures protections induites par un vaccin, même si certaines études montrent qu'elle semble baisser avec le temps. Encore une fois, aucun vaccin n'offre une protection à 100% contre la maladie", déclare-t-elle.Nathalie Jacobs estime qu'il n'y a pas de différence de protection énorme d'un vaccin à l'autre. "Hormis le Johnson & Johnson, dont on n'injecte qu'une seule dose et qui offre une moins bonne protection, chaque vaccin a ses qualités et ses défauts. Je pense qu'on préconisera plus rapidement une deuxième dose pour le Johnson & Johnson, et plutôt une dose ARN qu'une dose adénovirus, car les études démontrent que la combinaison des deux vaccins offre la plus forte réponse immunitaire." Yves Coppieters, professeur en épidémiologie à l'ULB, estime également que le variant delta vient atténuer la protection contre la transmission du virus. Selon lui, les vaccins à ARN messager offrent un taux de protection de 65 à 70% contre la transmission, un taux de protection un peu plus élevé selon lui que celui offert par le vaccin AstraZeneca.Se protéger soi-mêmeYves Coppieters souligne toutefois qu'il demeure primordial de se faire vacciner. "Le vaccin protège fortement contre les formes graves, et un peu moins contre la contamination. Il est donc important de se vacciner pour se protéger soi-même." Cela ne signifie pas pour autant que l'argument de la solidarité tombe à l'eau, rappelle l'épidémiologiste: les personnes vaccinées continuent à protéger les autres. "Les vaccins diminuent en effet la charge virale, et la probabilité de contaminer les autres baisse. Les vaccins font barrage au covid, mais ne vont pas mener au zéro covid", conclut-il.