Les derniers chiffres qui font état de l'efficacité des vaccins dans le temps d'une part, et face au variant delta d'autre part, ne rassurent pas. Ils sont même quelque peu décourageants. Alors qu'en Belgique, près de 70% de la population est entièrement vaccinée contre le coronavirus, il semble que deux doses ne suffiront bientôt plus à acquérir le statut de "vaccination complète." Une boucle sans fin ?
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Les derniers chiffres qui font état de l'efficacité des vaccins dans le temps d'une part, et face au variant delta d'autre part, ne rassurent pas. Ils sont même quelque peu décourageants. Alors qu'en Belgique, près de 70% de la population est entièrement vaccinée contre le coronavirus, il semble que deux doses ne suffiront bientôt plus à acquérir le statut de "vaccination complète." Une boucle sans fin ?D'abord, la question de l'efficacité du vaccin dans le temps. Selon une récente étude britannique, la protection contre le coronavirus conférée par les vaccins de Pfizer/BioNtech et d'Oxford/AstraZeneca diminue notablement au bout de six mois. Les auteurs scientifiques plaident d'ailleurs en faveur de campagnes de rappels.Et pour cause, un mois après avoir reçu la deuxième dose, le vaccin Pfizer permet d'éviter à 88% d'être contaminé par le Covid-19, mais cette protection tombe à 74% après cinq à six mois, selon la dernière analyse de l'étude Zoe Covid. Pour le vaccin d'AstraZeneca, l'efficacité passe de 77% un mois après l'administration de la deuxième dose à 67% après quatre à cinq mois, affirme l'étude, réalisée à partir de données collectées auprès d'environ un million d'utilisateurs de l'application Zoe, mise en place par un groupe privé du même nom, et analysées par les chercheurs du King's College de Londres et de l'équipe de Zoe.Les personnes âgées et celles considérées comme fragiles ainsi que les travailleurs de la santé sont les groupes chez qui la protection a le plus diminué, selon les chercheurs du King's College."Dans un scénario catastrophe raisonnable, on pourrait voir une protection inférieure à 50% pour les personnes âgées et le personnel de santé d'ici l'hiver", a estimé le professeur Tim Spector, scientifique à la tête du projet.Si ce chiffre concerne les contaminations et non les formes graves, cela pourrait se traduire par "une augmentation des hospitalisations et décès" si le pays est soumis à des niveaux de contamination élevés et un variant hautement transmissible. C'est pourquoi le chercheur estime "urgent de prévoir des rappels de vaccin", ce qui impliquerait aussi de réfléchir à la pertinence de la vaccination des mineurs, "en fonction des ressources en vaccins". Cette question du rappel est désormais envisagée par plusieurs pays, malgré les réticences de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui voudrait privilégier la vaccination des pays pauvres. Selon l'organisation, plus de personnes dans le monde seront vaccinées, moins le virus aura de chances de muter. Ensuite, vient la question de l'efficacité des vaccins face aux variants. Celle de Pfizer et Moderna a baissé de 91% à 66% depuis que le variant Delta est devenu dominant aux Etats-Unis, selon des données publiées par les autorités sanitaires américaines en début de semaine.Lorsque le variant Delta est devenu dominant, c'est-à-dire où il était responsable de plus de 50% des cas selon le séquençage, l'efficacité est tombée à 66%, selon l'étude.Les auteurs préviennent toutefois que cette baisse pourrait ne pas uniquement être causée par le variant Delta, mais aussi par une efficacité s'érodant avec le temps. Les deux facteurs, temps et variants, impacteraient donc l'efficacité de concert.Les confidences du PDG de Pfizer vont dans ce sens également. "Il y aura probablement un variant du coronavirus qui sera résistant à notre vaccin", a confirmé Albert Bourla dans une interview accordée à Fox News."Dès qu'un nouveau variant apparaît dans le monde, nos scientifiques s'en préoccupent. Ils font des recherches pour voir si ce variant peut échapper ou non à la protection de notre vaccin. Nous n'en avons pas encore identifié, mais nous pensons qu'il est probable qu'un jour, l'un d'entre eux émergera", craint-il.Le PDG de Pfizer s'est toutefois voulu rassurant, précisant que l'entreprise a mis en place un système spécifique pour contrer le variant dans un délai d'environ trois mois.(Avec l'Afp)