Les chercheurs de l'Université d'Amsterdam ont annoncé avoir réussi à isoler les deux anticorps les plus puissants contre le coronavirus. "Nous avons testé tous les anticorps présents dans le sang en laboratoire et isolé les variantes les plus puissantes", explique la responsable de la recherche, le Dr Marit van Gils. "Ces nouveaux anticorps sont cent fois plus puissants", annonce-t-elle.
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Les chercheurs de l'Université d'Amsterdam ont annoncé avoir réussi à isoler les deux anticorps les plus puissants contre le coronavirus. "Nous avons testé tous les anticorps présents dans le sang en laboratoire et isolé les variantes les plus puissantes", explique la responsable de la recherche, le Dr Marit van Gils. "Ces nouveaux anticorps sont cent fois plus puissants", annonce-t-elle.En Belgique, l'étude "Dawn plasma" portant sur l'administration de plasma de personnes guéries du coronavirus à des patients malades est en cours à l'UZ Leuven. Traiter des malades victimes d'une infection avec du plasma de patients guéris de la même infection est une méthode qui a déjà fait ses preuves dans d'autres maladies infectieuses, comme Ebola, et à l'époque de la grippe espagnole.L'un des responsables de l'étude, le chercheur hématologue Timothy Devos commente pour LeVif.be: "Cela a été une collaboration unique, avec la Croix Rouge et Rode Kruis notamment, pour lancer une telle étude en seulement 4 semaines. De nombreux candidats donneurs de sang se sont présentés. Nous avons reçu notre premier patient fin avril à l'UZ Leuven, d'autres ont été traités ensuite dans 4-5 autres hôpitaux. Au total 20 hôpitaux belges participent à cette étude. Nous traitons aujourd'hui 17 patients dont les 2/3 reçoivent du plasma de donneurs guéris du coronavirus. L'étude est planifiée sur une année."Dans le cadre de cette étude, les patients traités de façon "standard" contre le coronavirus sont comparés à des patients qui reçoivent des soins classiques et, en complément, des transfusions. Quatre poches de plasma de donneurs guéris du Covid-19 leur sont transfusées, deux unités le premier jour de leur hospitalisation et deux autres, les deux jours qui suivent. "Le but de l'étude est de montrer que les patients qui reçoivent le plasma dès le début de leur hospitalisation ne devront pas aller aux soins intensifs sous respiration mécanique", nous explique le Dr Devos.Jusqu'ici, les résultats sont encourageants, l'équipe universitaire de Leuven ne remarque pas d'importants effets secondaires ou négatifs sur les patients qui reçoivent le plasma. "Nous sommes très satisfaits de la façon dont cela se passe pour le moment au niveau sécurité et tolérance. Mais nous ne pouvons pas encore donner de résultats, c'est beaucoup trop tôt. Nous avons besoin de plus de recul et de réaliser le traitement sur plus de patients", explique le Dr Devos. Il ajoute : "Certains se sont posés la question de savoir les anticorps dans le plasma ne vont pas réveiller le système immunitaire d'une façon exacerbée, mais nous ne voyons absolument pas cela."La question de la durée de vie des anticorps dans l'organisme taraude aussi l'hématologue : "Nous ne savons pas encore combien de temps les anticorps restent dans l'organisme, 2, 4 mois ? Vu que les premiers donneurs guéris du coronavirus ne sont connus que depuis 1 mois et demi. Il faudra voir avec le temps s'ils gardent leurs anticorps." Des études de ce style ont lieu actuellement un peu partout en Europe. Si l'UZ Leuven met en place une thérapie rapide en utilisant le plasma de patients convalescents, l'université d'Amsterdam fournit, de son côté, plutôt un travail de recherche en laboratoire dont le but est de repérer des anticorps contre le coronavirus qui seront les plus précis possibles. "Nous administrons une thérapie générale avec tous les anticorps présents dans le plasma, sans distinction. L'étape importante qu'a franchie le laboratoire d'Amsterdam, c'est d'avoir repéré des anticorps bien précis contre des protéines, des épitopes, du virus. C'est une étape logique de la recherche d'isoler en laboratoire les anticorps vraiment spécifiques et plus puissants pour éliminer le coronavirus. Il y a encore ensuite toute une phase de développement."La prochaine étape consiste à commencer à produire ces puissants anticorps à grande échelle. Avant cela, son innocuité doit être démontrée, d'abord sur des animaux de laboratoire. Les tests pourront commencer au début de l'année prochaine, selon l'Université d'Amsterdam.Une seconde étude sur le plasma de patients convalescents du coronavirus est en préparation au CHU de Liège nous informe, pour sa part, Michel Toungouz Nevessignsky directeur général adjoint du Service du Sang de la Croix-Rouge : "L'étude qui sera bientôt lancée a les mêmes objectifs et est complémentaire aux recherche sur les anticorps de la KU Leuven mais elle cible les patients en soins intensifs, à un stade plus avancé de la maladie."Tous les résultats des différentes études sur le plasma se partagent via un monitoring à l'échelle européenne. "Cela permettra d'arriver plus rapidement à la conclusion que ce traitement à l'aide de plasma de patients guéris du Covid-19 est efficace", en conclut le professeur Devos.*L'étude est une collaboration entre la Rode Kruis-Vlaanderen, la Croix-Rouge de Belgique, le KCE, l'UZ Leuven, le CHU Brugmann, l'hôpital Érasme de Bruxelles, l'UZ Brussel, le CHU Saint-Pierre de Bruxelles, l'AZ Delta Roeselare, le CHU Liège Sart-Tilman, les Cliniques universitaires Saint-Luc, le CHC Liège Mont Légia, l'Institut Bordet, l'hôpital Imelda Bonheiden, le ZNA Stuivenberg, l'AZ Groeninge, le CHR Jolimont Mons-Hainaut, le CHR Citadelle Liège, le CHU Ambroise-Paré Mons, et le Sint-Trudo Ziekenhuis. Trois autres hôpitaux rejoindront bientôt l'étude.