Qui a donné l'alerte ?

Les pédiatres britanniques ont donné les premiers l'alerte après l'hospitalisation dans un état grave d'une douzaine d'enfants, la plupart d'entre eux étaient positifs au Covid-19.

En France, principalement en région parisienne, plus d'une vingtaine de cas ont également été recensés.

En Italie, à l'hopital Jean XXIII de Bergame, des pédiatres ont observé des cas anormalement élevés de cette pathologie. En seulement un mois, le nombre de cas est égal à ceux des 3 dernières années, selon le journal italien La Republicca.

Dans la foulée, un petit nombre de cas similaires a été mentionné aux Etats-Unis et en Espagne.

En Belgique, une dizaine de cas sont connus à ce jour.

Quels sont les symptômes de cette maladie ?

Certains symptômes font penser à un syndrome du choc toxique.

Les enfants hospitalisés présentent tous des symptômes proches d'un syndrome de Kawasaki, une maladie rare provoquant l'inflammation des parois de certains vaisseaux sanguins dans le corps.

"Ces enfants viennent avec des symptômes digestifs, respiratoires ou infectieux" accompagnés "d'une atteinte cardiaque", explique à l'AFP le Pr Damien Bonnet, chef de service de cardiologie pédiatrique à l'hôpital Necker enfants malades.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédérale dans la lutte contre le coronavirus a expliqué ce matin lors de la conférence de presse quotidienne : "La maladie Kawasaki est une maladie chez les enfants de moins de 10 ans, qui a pour symptômes : température, ganglions, peau qui pèle, apparition de rougeur sur les mains ou les pieds, douleurs abdominales, des nausées et des vomissements".

Quels enfants sont touchés dernièrement?

La maladie observée dans différents hopitaux de par le monde ces dernières semaines présentent toutefois certaines différences avec le syndrôme de kawasaki et notamment concernant l'âge des patients touchés.

"La maladie de Kawasaki, c'est d'abord une maladie du petit enfant, plutôt moins de 2 ans, même s'il y en a jusqu'à 4 ou 5 ans. Là, on voit tous les âges", indique à l'AFP le Dr Bonnet.

Les enfants répertoriés ces dernières semaines vont de 2 à 18 ans. Des médecins mentionnent donc aussi des adolescents, dont le plus jeune a 13 ans.

"Ces enfants n'ont pas d'antécédent notable, et pas de maladie chronique" précise, dans La Dépêche du Midi, le docteur Isabelle Kone Paut, professeure de rhumatologie pédiatrique à l'hôpital Kremlin-Bicêtre à Paris.

Quel traitement ?

Dans un cas de Kawasaki classique, les patients peuvent parfois se retrouver entre la vie et la mort pendant quelques heures en soins intensifs.

Selon le Dr Bonnet, "la plupart ont besoin d'être aidés avec des médicaments pour soutenir le fonctionnement du coeur".

En général, la pathologie répond très bien à la thérapie (immunoglobulines et acide acétylsalicylique, parfois cortisone), et avec le traitement approprié, administré rapidement, pratiquement tous les enfants se rétablissent, commente La Republicca.

"Les enfants évoluent quasiment tous de façon favorable, même s'ils sont dans une situation réanimatoire initialement", confirme le Dr Bonnet.

Aucun décès n'a été répertorié récemment chez ces enfants. Le nombre de cas reste à ce jour très faible tout comme le taux de mortalité.

Pourquoi ces cas inquiètent-ils le monde médical ?

Ce qui inquiète les pédiatres, c'est que le syndrome de Kawasaki est une maladie rare, de quelques cas seulement par an et que les cas dénombrés ces dernières semaines sont nombreux sur un court laps de temps en pleine épidémie de coronavirus. Enregistrer plusieurs cas sévères en même temps dans une région ou un hôpital est bien une alerte.

David Tuerlinckx explique sur les ondes de la RTBF : "Nous avons reçu des informations de l'UZ Gand et de St Luc, à Bruxelles qui se disent surpris d'avoir ces dernières semaines, quelques enfants d'âges différents le plus souvent testés positifs au Covid-19 avec une forte fièvre et des inflammations, une forme de Kawasaki. Des enfants très abattus dont l'état s'est très rapidement dégradé. Il faut savoir que ce syndrome touche le tube digestif mais aussi le coeur et une atteinte aux coronaires avec un risque de faire un infarctus du myocarde."

La Société italienne de pédiatrie a écrit une lettre à plus de 10.000 pédiatres pour leur demander de rester vigilants. "Ces dernières semaines, une augmentation de la fréquence des enfants souffrant de la maladie de Kawasaki a été observée, en particulier dans les régions du pays les plus touchées par l'épidémie de Sars-Cov-2", écrit Angelo Ravelli, secrétaire du groupe d'étude de rhumatologie de la Société italienne de pédiatrie dans le journal italien La Republicca.

Une préoccupation d'autant plus vive que toutes les études ont jusqu'à présent montré que les formes graves du Covid-19 étaient rarissimes chez les plus jeunes.

Quel lien avec le coronavirus ?

Le lien de cause à effet entre le coronavirus et ces symptômes inflammatoires n'est pas établi avec certitude. Pour autant, la conjonction des deux interpelle.

Des études sont actuellement en cours et parmi les cas, certains enfants sont recensés Covid-19 et d'autres non.

"On est dans le temps de l'épidémie de Covid-19, on voit une maladie pas fréquente devenir plus fréquente. Ça nous interroge", explique à l'AFP le Pr Bonnet.

Autre indice: même si les causes de la maladie de Kawasaki sont inconnues, on suspecte depuis longtemps qu'elle puisse être "une réaction inflammatoire disproportionnée à une infection virale banale", selon le Pr Bonnet.

Chez les adultes, on estime en effet que les formes graves de Covid-19 pourraient être liées au déclenchement d'une trop forte réponse immunitaire causée par la maladie.

Le lien de cause à effet entre le coronavirus et ces symptômes inflammatoires n'est pas établi avec certitude. Pour autant, la conjonction des deux interpelle.

"La maladie de Kawasaki n'est pas épidémique, c'est une réaction un peu particulière et parfois violente à une infection mais ce n'est pas contagieux. Donc tous ces cas simultanés nous font penser qu'il y a un lien avec l'épidémie actuelle, même s'il n'y a pas encore de preuves. Mais c'est une alerte à prendre au sérieux", explique sur les ondes de la RTBF David Tuerlinckx, pédiatre infectiologue au CHU Mont-Godinne /Dinant.

"Il n'est pas clair", écrivent, de leur côté, les pédiatres italiens, "si le virus Sars-Cov-2 est directement impliqué dans le développement de ces cas de maladie de Kawasaki ou si les formes observées représentent une pathologie systémique ayant des caractéristiques similaires à celles de la maladie de Kawasaki, mais secondaire à l'infection".

Ils poursuivent : "Néanmoins, l'incidence élevée de ces formes dans les régions où l'infection à Sars-Cov-2 est fortement endémique (Lombardie, Piémont et Ligurie) couplé à une sérologie positive suggèrent que l'association n'est pas aléatoire".

Que faire en cas de symptômes ?

Les pédiatres appellent les parents à la plus grande vigilance si leur enfant présente une forte fièvre qui ne tombe pas pendant plusieurs jours, qu'il est abattu ou a des éruptions, il est impératif de consulter un médecin ou un pédiatre. Les experts soulignent que seule une petite minorité d'enfants infectés par SarsCov2 développent la maladie de Kawasaki, soit moins de 1 %.

Les pédiatres britanniques ont donné les premiers l'alerte après l'hospitalisation dans un état grave d'une douzaine d'enfants, la plupart d'entre eux étaient positifs au Covid-19. En France, principalement en région parisienne, plus d'une vingtaine de cas ont également été recensés. En Italie, à l'hopital Jean XXIII de Bergame, des pédiatres ont observé des cas anormalement élevés de cette pathologie. En seulement un mois, le nombre de cas est égal à ceux des 3 dernières années, selon le journal italien La Republicca.Dans la foulée, un petit nombre de cas similaires a été mentionné aux Etats-Unis et en Espagne. En Belgique, une dizaine de cas sont connus à ce jour.Certains symptômes font penser à un syndrome du choc toxique. Les enfants hospitalisés présentent tous des symptômes proches d'un syndrome de Kawasaki, une maladie rare provoquant l'inflammation des parois de certains vaisseaux sanguins dans le corps. "Ces enfants viennent avec des symptômes digestifs, respiratoires ou infectieux" accompagnés "d'une atteinte cardiaque", explique à l'AFP le Pr Damien Bonnet, chef de service de cardiologie pédiatrique à l'hôpital Necker enfants malades.Yves Van Laethem, porte-parole interfédérale dans la lutte contre le coronavirus a expliqué ce matin lors de la conférence de presse quotidienne : "La maladie Kawasaki est une maladie chez les enfants de moins de 10 ans, qui a pour symptômes : température, ganglions, peau qui pèle, apparition de rougeur sur les mains ou les pieds, douleurs abdominales, des nausées et des vomissements". La maladie observée dans différents hopitaux de par le monde ces dernières semaines présentent toutefois certaines différences avec le syndrôme de kawasaki et notamment concernant l'âge des patients touchés. "La maladie de Kawasaki, c'est d'abord une maladie du petit enfant, plutôt moins de 2 ans, même s'il y en a jusqu'à 4 ou 5 ans. Là, on voit tous les âges", indique à l'AFP le Dr Bonnet.Les enfants répertoriés ces dernières semaines vont de 2 à 18 ans. Des médecins mentionnent donc aussi des adolescents, dont le plus jeune a 13 ans. "Ces enfants n'ont pas d'antécédent notable, et pas de maladie chronique" précise, dans La Dépêche du Midi, le docteur Isabelle Kone Paut, professeure de rhumatologie pédiatrique à l'hôpital Kremlin-Bicêtre à Paris.Dans un cas de Kawasaki classique, les patients peuvent parfois se retrouver entre la vie et la mort pendant quelques heures en soins intensifs. Selon le Dr Bonnet, "la plupart ont besoin d'être aidés avec des médicaments pour soutenir le fonctionnement du coeur". En général, la pathologie répond très bien à la thérapie (immunoglobulines et acide acétylsalicylique, parfois cortisone), et avec le traitement approprié, administré rapidement, pratiquement tous les enfants se rétablissent, commente La Republicca."Les enfants évoluent quasiment tous de façon favorable, même s'ils sont dans une situation réanimatoire initialement", confirme le Dr Bonnet. Aucun décès n'a été répertorié récemment chez ces enfants. Le nombre de cas reste à ce jour très faible tout comme le taux de mortalité.Ce qui inquiète les pédiatres, c'est que le syndrome de Kawasaki est une maladie rare, de quelques cas seulement par an et que les cas dénombrés ces dernières semaines sont nombreux sur un court laps de temps en pleine épidémie de coronavirus. Enregistrer plusieurs cas sévères en même temps dans une région ou un hôpital est bien une alerte. David Tuerlinckx explique sur les ondes de la RTBF : "Nous avons reçu des informations de l'UZ Gand et de St Luc, à Bruxelles qui se disent surpris d'avoir ces dernières semaines, quelques enfants d'âges différents le plus souvent testés positifs au Covid-19 avec une forte fièvre et des inflammations, une forme de Kawasaki. Des enfants très abattus dont l'état s'est très rapidement dégradé. Il faut savoir que ce syndrome touche le tube digestif mais aussi le coeur et une atteinte aux coronaires avec un risque de faire un infarctus du myocarde."La Société italienne de pédiatrie a écrit une lettre à plus de 10.000 pédiatres pour leur demander de rester vigilants. "Ces dernières semaines, une augmentation de la fréquence des enfants souffrant de la maladie de Kawasaki a été observée, en particulier dans les régions du pays les plus touchées par l'épidémie de Sars-Cov-2", écrit Angelo Ravelli, secrétaire du groupe d'étude de rhumatologie de la Société italienne de pédiatrie dans le journal italien La Republicca.Une préoccupation d'autant plus vive que toutes les études ont jusqu'à présent montré que les formes graves du Covid-19 étaient rarissimes chez les plus jeunes. Le lien de cause à effet entre le coronavirus et ces symptômes inflammatoires n'est pas établi avec certitude. Pour autant, la conjonction des deux interpelle. Des études sont actuellement en cours et parmi les cas, certains enfants sont recensés Covid-19 et d'autres non."On est dans le temps de l'épidémie de Covid-19, on voit une maladie pas fréquente devenir plus fréquente. Ça nous interroge", explique à l'AFP le Pr Bonnet.Autre indice: même si les causes de la maladie de Kawasaki sont inconnues, on suspecte depuis longtemps qu'elle puisse être "une réaction inflammatoire disproportionnée à une infection virale banale", selon le Pr Bonnet. Chez les adultes, on estime en effet que les formes graves de Covid-19 pourraient être liées au déclenchement d'une trop forte réponse immunitaire causée par la maladie. "La maladie de Kawasaki n'est pas épidémique, c'est une réaction un peu particulière et parfois violente à une infection mais ce n'est pas contagieux. Donc tous ces cas simultanés nous font penser qu'il y a un lien avec l'épidémie actuelle, même s'il n'y a pas encore de preuves. Mais c'est une alerte à prendre au sérieux", explique sur les ondes de la RTBF David Tuerlinckx, pédiatre infectiologue au CHU Mont-Godinne /Dinant."Il n'est pas clair", écrivent, de leur côté, les pédiatres italiens, "si le virus Sars-Cov-2 est directement impliqué dans le développement de ces cas de maladie de Kawasaki ou si les formes observées représentent une pathologie systémique ayant des caractéristiques similaires à celles de la maladie de Kawasaki, mais secondaire à l'infection".Ils poursuivent : "Néanmoins, l'incidence élevée de ces formes dans les régions où l'infection à Sars-Cov-2 est fortement endémique (Lombardie, Piémont et Ligurie) couplé à une sérologie positive suggèrent que l'association n'est pas aléatoire". Les pédiatres appellent les parents à la plus grande vigilance si leur enfant présente une forte fièvre qui ne tombe pas pendant plusieurs jours, qu'il est abattu ou a des éruptions, il est impératif de consulter un médecin ou un pédiatre. Les experts soulignent que seule une petite minorité d'enfants infectés par SarsCov2 développent la maladie de Kawasaki, soit moins de 1 %.