Une migraine peut provenir d'un abus de médicament. Soit d'une surdose de ce qui est censé soigner le mal. Ainsi, certains analgésiques provoquent déjà des maux de tête si on les prend plus de dix fois par mois. Ce qui entraîne un cercle vicieux où c'est le médicament que l'on prend pour se soulager qui nourrit le mal de tête. Du coup, on a tendance à en prendre davantage ce qui à son tour renforce le phénomène. Il semble que ce soit un problème récurrent chez les migraineux et dont beaucoup ne sont pas conscients dit De Standaard.

Pour tenter d'échapper à cette spirale, on tente une autre approche au Centre médical universitaire de Leyde (LUMC) dit De Standaard. Là-bas on préconise d'arrêter tout traitement d'un coup comme on peut le faire dans certaines cures de désintoxication. C'est ce qu'on appelle la technique du "cold turkey", soit "dinde froide" qui fait référence à la cessation brutale d'une dépendance à une substance et à l'expérience désagréable qui en résulte. "S'il est difficile pour un patient migraineux d'intégrer l'idée qu'il doit arrêter tout traitement pendant trois mois, nos recherches ont montré que cela apportait d'énormes bénéfices. Le nombre de jours où les patients avaient mal de tête a diminué d'un quart et le nombre de jours de migraines réelles d'au moins 45%. Par ailleurs, après ces trois mois, un tiers des patients n'ont plus eu besoin de prendre de médicaments préventifs contre la migraine et ne prennent plus que des médicaments qu'en cas de crise aiguë" dit Gisela Terwindt la neurologue de LUMC. Une médication qui semble par ailleurs avoir gagné en efficacité suite à cette pause.

Le traitement préventif, un piège ?

On prescrit souvent un traitement préventif lorsque les crises de migraines ne répondent pas bien aux traitements aigus ou lorsqu'il y a 3 crises par mois ou plus. Le traitement a pour but de diminuer les crises. Ils ont comme point commun d'être des médicaments qui n'ont pas été développés spécifiquement pour le traitement des migraines, mais, par exemple, l'épilepsie ou des problèmes cardiaques. Ce qui fait que tous les traitements préventifs ne sont pas efficaces chez tout le monde (on estime que c'est le cas chez près 40 à 50% des patients). Il faudra donc parfois en tester plusieurs. Autre désavantage, ces traitements ont souvent de nombreux effets secondaires comme la prise de poids ou des problèmes de concentration. Du coup, certaines personnes ne prennent rien et attendent les crises.

Une approche néanmoins un peu trop radicale pour de nombreux collègues médecins. Ainsi Koen Paemeleire, spécialisé dans le traitement des maux de tête et des migraines en tant que professeur de neurologie à l'UZ Gent, explique dans De Standaard qu'en Belgique on donne tout de même quelque chose, à titre préventif, aux patients qui veulent diminuer les doses. "Le patient a en effet commencé à prendre des médicaments contre les maux de tête pour une certaine raison et nous devons nous attaquer à ce problème sous-jacent."

Des nouveaux types de médicaments

Lors d'une crise de migraine, le sang provenant du crâne contient une quantité accrue de CGRP, (Calcitonin Gene Related-Peptide), un peptide qui aurait en effet un impact sur la dilatation des vaisseaux sanguins méningés et jouerait un rôle dans la transmission des informations liées à la perception de la douleur et serait donc un acteur clé dans le développement de la migraine. Il existe aujourd'hui des médicaments qui ciblent ce peptide et préviennent ainsi les attaques. Ceux-ci ne sont cependant pas encore remboursés par l'assurance maladie et peuvent coûter jusqu'à 500 euros par mois. Certains militent donc pour le remboursement de ces médicaments dits de nouvelle génération pour certains migraineux. Le dossier est pour l'instant bloqué autour de la définition précise de ce groupe.