L'information a été publiée lundi soir par deux médias allemands, qualifiés de sérieux : le quotidien Bild et le journal économique Handelsblatt. Leurs articles affirmaient que le gouvernement allemand avait des doutes sur l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca, développé avec l'université d'Oxford, sur les personnes âgées de plus de 65 ans.
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L'information a été publiée lundi soir par deux médias allemands, qualifiés de sérieux : le quotidien Bild et le journal économique Handelsblatt. Leurs articles affirmaient que le gouvernement allemand avait des doutes sur l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca, développé avec l'université d'Oxford, sur les personnes âgées de plus de 65 ans.Selon Handelsblatt, qui citait de sources gouvernementales, l'Allemagne tablait sur une efficacité de seulement 8% pour cette classe d'âge. Un fameux revers quand on sait que le taux d'efficacité pour ce vaccin a été estimé à 70%. Cette baisse soudaine d'efficacité pour les personnes les plus à risque de développer des formes graves du Covid faisait planer le doute quant à l'homologation du vaccin d'AstraZeneca, déjà en pleine confrontation avec l'Union européenne sur les délais de livraison. Bild, également sous couvert de sources gouvernementales, écrivait que la coalition d'Angela Merkel s'attendait à ce que le vaccin AstraZeneca/Oxford, qui devrait recevoir vendredi le feu vert réglementaire de l'UE, ne soit pas homologué pour les plus de 65 ans, avec un impact important sur la stratégie vaccinale de nombreux pays.Si l'information a rapidement été reprise et relayée, le ministère allemand de la Santé a remis aujourd'hui les pendules à l'heure, en réfutant ces affirmations, qui citaient des sources anonymes au sein du gouvernement. "Il semble qu'à première vue, les articles aient confondu deux choses", a affirmé le ministère de la Santé. Une erreur d'interprétation qui aurait ainsi mélangé, selon les autorités, le nombre de personnes "entre 56 et 69 ans", ayant participé aux études d'évaluation du vaccin et s'élevant à "8%", et le taux d'efficacité du vaccin pour les plus de 65 ans.Le laboratoire pharmaceutique britannique AstraZeneca avait pour sa part déjà défendu lundi soir l'efficacité de son vaccin. "Les articles selon lesquels l'efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford ne serait que de 8% chez les adultes de plus de 65 ans sont complètement faux." Le laboratoire britannique, dont le vaccin est déjà autorisé et largement déployé au Royaume-Uni, explique encore dans son communiqué avoir publié en novembre des données scientifiques, dans la revue The Lancet, "démontrant que les personnes âgées ont montré de fortes réponses immunitaires au vaccin, 100% d'entre elles ayant généré des anticorps spécifiques après la deuxième dose." Si l'information parait crédible de prime abord, c'est parce que l'incertitude persiste quant à savoir si AstraZeneca sera autorisée à administrer le vaccin aux personnes de plus de 65 ans, faute d'études encore probantes sur le sujet. Il n'est donc pas inconcevable que la Commission européenne émette une recommandation visant à n'administrer le vaccin qu'à des groupes d'âge plus jeunes. Si l'efficacité et la non-dangerosité du produit sont soulignées dans l'étude principale, il est également noté que la plupart des volontaires pour les essais cliniques étaient âgés de 18 à 55 ans, et que ceux âgés de plus de 70 ans ont été recrutés plus tard. Le recul sur leur cas est donc moins important. "Il est possible que l'Agence européenne du médicament nous dise que ce vaccin-là ne sera pas pour les personnes âgées", déclarait d'ailleurs le ministre français de la Santé Olivier Véran la semaine dernière.Contactée par l'AFP, l'Agence européenne du médicament (AEM), qui pourrait prendre dans les prochains jours une décision pour l'homologation de ce vaccin, a de son côté refusé de commenter "une évaluation en cours". (avec AFP)